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22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 09:32

Les "continents de déchets" font l'objet de plus en plus d'attention de la part des scientifiques. Après 2 années de recherches en Atlantique Nord, des chercheurs français impliqués dans l'expédition "7e continent" nous en disent un peu plus sur les caractéristiques et les constituants de ces monstres de déchets. Le tableau n'est ni réjouissant, ni optimiste.

Le 7e continent de déchets est une soupe de plastique composée de plusieurs millions de micro débris de plastique et de fibres textiles situés dans l'océan Atlantique Nord. Ces débris ne font pas plus de 0,5 cm et sont appelés micro plastiques. Ils résultent de la fragmentation de déchets plus gros, sous l'effet du rayonnement solaire et de l'abrasion par les vagues.

Une étude récente (M. Eriksen, PlosOne 2014) estime qu'au total 5 000 milliards de particules flottent sur les océans de notre planète. Ils proviennent à 80 % des déchets produits sur terre. Ainsi, sur les 300 millions de tonnes de plastique produites dans le monde chaque année, 8 millions de tonnes finissent piégées dans les gyres sub-tropicaux (Jambeck, Science 2015). Malheureusement, cela devrait empirer puisque ces même travaux prévoient qu'en 2025 ce chiffre sera multiplié par 10 ; soit 80 millions de tonne de plastique déversées chaque année dans les océans.

Les chercheurs de l'Expédition 7e continent se demandaient dans quelle mesure ce processus de fragmentation se poursuivait car la fragmentation des micro plastiques conduit à des particules microscopiques qui sont extrêmement difficiles à collecter, à identifier et comptabiliser. C'est pourquoi, ils ont soumis les échantillons de micro plastiques qu'ils on collectés en Atlantique Nord à un rayonnement solaire artificiel. Le résultat ne s'est pas fait attendre : rapidement ils ont observé une fragmentation des particules micrométriques en particules de taille nanométrique. Au final, Les micro particules de plastique trouvées dans le 7e Continent se dégraderaient en nano particules 30 000 fois plus petites que l'épaisseur d'un cheveu. Et cela change tout.

"En partant du postulat qu'une particule de plastique de quelques millimètres se fragmente en nano particules, une seule particule millimétrique peut former 1000 milliards de nano particules. Ainsi la surface totale de cette particule est multipliée par plusieurs dizaines de milliers.
En sachant que la répartition des déchets plastiques dans l'océan est évaluée à plusieurs millions de km2, et considérant l'échelle nanométrique, cette surface spécifique s'élève à plusieurs milliards de km2, recouvrant ainsi en équivalence plus que la totalité de la surface de l'océan. Une étape dans le devenir des plastiques en mer est franchie, ouvrant la porte à l'étude des impacts que peuvent avoir ces particules sur l'ensemble du monde marin
." détaillent les scientifiques.

"Il n'avait encore jamais été mis en évidence la présence de nano particules sur le 7e Continent. Mais ces travaux en laboratoire, à partir d'échantillons collectés dans le gyre de l'Atlantique Nord, démontrent que les micro plastiques qui sont déjà très dégradés après un séjour
prolongé en mer peuvent produire des particules nanométriques. Il reste encore beaucoup de travail pour détecter ces particules dans le milieu naturel ou pour évaluer la toxicité potentielle de ces nano particules." explique Alexandra Ter Halle, chercheur IMRCP-CNRS et responsable scientifique de l'Expédition 7e continent.

C'est à dire que les micro plastiques ne disparaissent pas, si ils ne sont pas forcément visibles à l'oeil nu, c'est qu'ils se sont fragmentés en nanoparticules bien plus problématiques. En effet, ils sont plus mobiles que les plus gros fragments et seraient plus accessibles aux organismes. Par conséquent, "Il est important de poursuivre les travaux pour évaluer l'impact de ces particules sur les organismes vivants." indiquent les scientifiques.

Ces résultats sonnent comme un aveu d'impuissance : comment pourrait-on les ramasser vu leur taille ? Les quelques projets avancés et qui ont fait le buzz sur le web, ne seront donc d'aucune utilité.

La seule solution pour éviter que la situation n'empire est "de se mobiliser à terre pour changer les comportements" préconisent les chercheurs. Cette étude "permet de mieux sensibiliser le grand public sur le devenir de nos déchets. Elle conforte notre idée qu'une fois dans les océans les solutions de ramassage des déchets sont technologiquement inadaptées. Cela renforce notre volonté d'agir en amont par la sensibilisation, la pédagogie et la mise en place de solutions pour éviter que nos déchets plastiques rejoignent inévitablement l'océan" indique Patrick Deixonne, explorateur, navigateur, fondateur et chef de mission de l'expédition 7e continent.

Ce constat est partagé par une autre mission scientifique qui est partie de Bordeaux (France) en mars 2015 et a traversé, pendant 9 mois, trois océans en passant par Hawaii, les Bermudes ou l'archipel des Açores. Dans leur périple, les scientifiques et volontaires de la fondation suisse "Race for Water" ont estimé que près de 90 % des déchets retrouvés sur les plages visitées sont à base de plastique.

Malheureusement, il est déjà trop tard : il est d'ores et déjà impossible de débarrasser complètement les océans de leurs déchets plastiques. "Le constat qui peut être dressé suite à ces actions est clair : les déchets plastiques sont partout et il est irréaliste de les ramasser en pleine mer. C'est sur la terre ferme qu'il faut agir en traitant les déchets plastiques avant qu'ils n'atteignent les voies d'eau (...) Si rien n'est entrepris pour enrayer ce phénomène, en 2050, nos océans contiendront plus de plastiques que de poissons ! C'est donc l'affaire de tous et nous comptons sur votre engagement pour stopper ce fléau." alerte Marco Simeoni, Président de la Fondation Race for Water.

Plus que jamais, la seule solution provient donc de nos comportements sur terre. Si l'enjeu est de taille, il n'est pas très compliqué d'adopter les bons gestes pour que nos océans ne deviennent pas complètement des océans de déchets. Ainsi, une nouvelle fois, ces études confirment que ce n'est pas la technologie qui sauvera l'Homme de son irresponsabilité mais bien sa capacité collective à respecter son support de vie.

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22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 09:23
Mésange noir ramène des insectes au nid

https://youtu.be/LqyJFK7rfRk

 

 

 

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21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 10:08
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21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 10:07
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21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 10:04
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21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 09:52

Le 16 octobre 2017, une nouvelle étape déterminante a été franchie dans la bataille qui nous oppose au plus gros exploitant forestier canadien, l’entreprise Résolu : suite à une décision de justice de la cour américaine, c'est l’ensemble de la poursuite-bâillon intentée aux États-Unis par l’entreprise contre Greenpeace qui a été rejetée. Cette décision envoie un message clair aux entreprises qui attaquent outrageusement la liberté d’expression. Elle constitue aussi une bonne nouvelle pour la protection des forêts.

Depuis le printemps 2017, nous étions mobilisés pour faire face à l’une des plus grosses menaces de l’histoire de Greenpeace : une attaque en justice de Produits Forestiers Résolu, la plus grande entreprise forestière du Canada. Le forestier demandait plus de 300 millions de dollars de dommages-intérêts à Greenpeace pour “racket”, simplement pour avoir dénoncé ses pratiques non-durables dans la forêt boréale canadienne. Autant dire qu’il s’agissait d’une poursuite-bâillon d’une ampleur inédite. Pour Greenpeace, ces pratiques juridiques abusives visent à intimider et à réduire au silence les critiques émanant de la société civile.

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21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 09:50
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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 09:33

Avec les trois quarts des familles qui consomment du Nutella en France, nous sommes le plus grand consommateur de cette pâte à tartiner au monde ! [1] Non satisfait d’être un aliment très gras et très sucré (voir article ici), le Nutella contient également le phtalate le plus dangereux qui soit : le DEHP. Ferrero reconnait que ce phtalate est présent dans le Nutella mais affirme que la quantité est trop faible pour pouvoir avoir un impact sur la santé.

Qu’est-ce que le phtalate DEHP ?

Le phtalate DEHP est une substance chimique qui permet d’augmenter la flexibilité des matières plastiques. On retrouve les phtalates dans les emballages plastiques souples comme les barquettes alimentaires, sachets, films plastiques etc. Ils migrent de l’emballage dans le produit, affirme une toxicologue de l’Office fédéral de l’environnement en Allemagne. C’est ainsi que nous en retrouvons sur nos tartines lorsque nous mangeons du Nutella.

Quels sont les effets des phtalates comme le DEHP ?

Les phtalates sont des perturbateurs hormonaux qui provoquent des dérèglements induisant notamment la stérilité chez l’homme. Il est estimé que, dans les pays industrialisés, un homme produit deux fois moins de spermatozoïdes que n’en produisait son grand père au même âge. Les phtalates sont également soupçonnés d’être cancérigènes.

En 2008, après avoir fait une étude sur le développement de testicules in vitro, l’INSERM a affirmé que les phtalates étaient “délétères pour la mise en place du potentiel reproducteur masculin dans l’espèce humaine”. Cette substance agit même avant la naissance sur le développement du fœtus de la femme enceinte.

L’Office fédéral de l’environnement allemand a fait une étude sur 600 enfants et constate que 100% d’entre eux présentent des traces de phtalates dont 5 importants. L’étude rajoute que chez 20% d’entre eux les phtalates sont en quantités toxiques. Elle estime que si l’on prends en compte “l’effet cocktail” de ces différentes substances, 80% des enfants en absorberaient en trop grande quantité.

La Comission européenne a déjà interdit l’usage du DEHP dans la composition des jouets pour enfants depuis 1999 et prévoit son interdiction totale en 2012.

Articles similaires :
Principales sources :
  • [1]. Nutella, 40 ans de plaisir de Gigi Padovani
  • Reportage L’emballage qui tue (Arte) que vous pouvez voir dans la Vidéothèque.
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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 10:37

Le directeur de WWF France, Pascal Canfin, invité mardi 10 octobre de franceinfo, a fustigé un modèle agricole "fossilisé" et reproché au syndicat FNSEA d'être "arc-bouté sur des positions passéistes".

S'appuyant sur un sondage montrant que 70% des Français sont à changer leurs habitudes alimentaires en faveur de la production responsable, l'ancien ministre délégué au Développement entre 2012 et 2014 appelle Emmanuel Macron à relancer les états généraux de l'alimentation, qui "ne marchent pas". "On attend des mesures concrètes et un recadrage", a-t-il déclaré. "J'attends du discours d'Emmanuel Macron mercredi, le grand compromis politique avec le monde agricole et les conosmmateurs. C'est plus de revenus pour les agriculteurs (...) et plus de transition vers un modèle sans pesticides, avec plus de bio et plus de qualité."

la suite: 

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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 10:23
Ouvrier agricole exposé aux pesticides et mort d'un cancer : sa sœur 

 

 

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