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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 18:53

le Monde.fr

Bras de fer sur les conditions d’épandage des pesticides autour des habitations

Le secteur agricole s’oppose à un projet d’arrêté qui tient compte de la présence de riverains, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent, et fixe les distances par rapport aux points d’eau.

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

Epandage de pesticide le 9 mai 2016 à Fromelles, près de Lille.Epandage de pesticide le 9 mai 2016 à Fromelles, près de Lille. DENIS CHARLET / AFP
 

Plus le grand public en apprend au sujet de la dangerosité des pesticides pour la santé humaine et la biodiversité, plus il arrive que les relations de voisinage se tendent dans les campagnes françaises. Surtout lorsqu’un agriculteur pulvérise sur ses champs quelque produit phytosanitaire très près d’un jardin ou d’une maison.

Un arrêté interministériel actuellement en préparation s’apprête à donner aux riverains une existence légale, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent. Ce texte doit remettre à plat les conditions d’épandage de produits phytosanitaires : force du vent ; distances minimales par rapport à une habitation et à un cours d’eau ; délais minimaux à respecter avant que les travailleurs agricoles – les plus exposés aux effets des pesticides – puissent pénétrer à nouveau dans une parcelle ou une serre qui vient d’être traitée.

Lire aussi :   Perturbateurs endocriniens : un poids énorme sur l’économie américaine

Mardi 18 octobre doit être rendu l’avis du Comité de rénovation des normes en agriculture – un nouvel organisme installé par le premier ministre à la demande des représentants du secteur, qui réunit ces derniers et l’Etat. C’est dans cette enceinte discrète que le débat s’est engagé. Les enjeux sont importants. Les ministères de l’écologie et de la santé suivent le dossier de près. Mais c’est la version du ministère de l’agriculture qui s’impose jusqu’à présent. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est que la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) n’a pas l’intention de lâcher grand-chose au nom de la protection des populations.

« Taguer les routes »

Depuis 2011, la pulvérisation de pesticides aux abords des crèches, des maisons de retraite, des terrains de sport et des parcs publics doit obligatoirement respecter des distances minimales. Dans certains départements, des arrêtés préfectoraux renforcent ces précautions en interdisant par exemple de traiter des parcelles proches d’une école à l’heure de la récréation. Mais c’est la première fois qu’il est question de réglementer autour de toutes les habitations, et, pis encore aux yeux du syndicat agricole majoritaire, autour des jardins des particuliers.

Dès le 14 octobre, la FNSEA appelait ses adhérents dans un communiqué à se mobiliser contre « l’arrêté phyto », comme elle le qualifie, incitant « les paysans qui sont en plein marasme économique » à « aller taguer les routes [du] pays avec des messages forts ». Le syndicat estime que ces nouvelles dispositions imposant des zones non traitées larges de cinq à vingt mètres entre les cultures et les habitations priveraient les exploitants d’un « énorme potentiel » de production.

« Nous avons calculé que cela va rogner au minimum quatre millions d’hectares de terres agricoles, soit 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an, affirme Eric Thirouin, le président de la commission environnement de la FNSEA. Multiplier les parapluies au nom du principe de précaution va créer des distorsions avec nos concurrents. La France peut-elle se payer ce luxe ? »

Lire aussi :   Pesticides, nutrition : surtout, ne pas savoir

Des zones sans traitement

Ces jours-ci, l’organisation a aussi dépêché ses soutiens parlementaires : le député des Hautes-Alpes Joël Giraud (radical de gauche) plaide contre l’arrêté au nom de l’agriculture de montagne, déjà contrainte par la géographie.

Au Sénat, Yvon Collin (Rassemblement démocratique et social européen, RDSE, Tarn-et-Garonne) a interpellé la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, lors des questions au gouvernement. Mais c’est son homologue de l’agriculture qui a pris la parole : pas question de sacrifier les intérêts des agriculteurs, mais pas question non plus d’oublier la santé et l’environnement, a répondu en substance Stéphane Le Foll.

Voire. Le projet de décret comporte a priori une avancée pour les riverains, mais présente aussi quelques possibles régressions par rapport aux conditions actuelles. Ainsi malgré le rapport alarmant que l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail a publié en juillet sur l’exposition aux pesticides des professionnels du secteur agricole, la FNSEA veut réduire les délais minimaux de retour dans une parcelle traitée avec des produits cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques.

Elle demande un laps de temps de six ou huit heures au lieu des vingt-quatre heures à quarante-huit heures actuelles – ce qui est déjà inférieur à d’autres pays –, pour peu que le travailleur porte un équipement individuel de protection.

Lire aussi :   Les pesticides triplent la mortalité des abeilles sauvages

« On va prendre en compte les évolutions des matériels comme des buses directionnelles, la présence de haies, de mur qui sont aussi efficaces », assure un conseiller du ministre de l’agriculture. Avant de soupirer : « Le problème, c’est que les exploitants ne sont d’accord sur rien… » Ni sur la force du vent au-delà de laquelle il est interdit de pulvériser ses parcelles (19 km/heure), ni sur la définition même de « point d’eau », dont les agriculteurs voudraient que les fossés soient exclus, ni sur les distances : rien ne leur convient. Pourtant, « il serait impensable de ne déboucher sur rien, prévient-on au ministère de l’écologie. Ségolène Royal est très déterminée à aboutir à un arrêté équilibré. »

Boîte de Pandore

Du côté du gouvernement, on se sent d’autant plus légitime à rouvrir ce dossier que c’est l’action d’un des représentants du secteur agricole qui a enclenché ce processus de révision. Toujours prompte à défendre les méthodes de production de ses adhérents arboriculteurs, l’Association nationale pommes poires a entrepris, il y a quelques années, de faire annuler par la justice un précédent arrêté de 2006, qu’elle estimait inapplicable.

En juillet, le Conseil d’Etat lui a donné gain de cause pour des raisons de forme : le texte en question n’avait pas été notifié comme il se doit à l’Union européenne. Le gouvernement n’a donc d’autre choix que de prendre rapidement un nouvel arrêté, sous peine de se retrouver bientôt face à un vide juridique. C’est de cette façon qu’a été ouverte la boîte de Pandore. Et celle-ci ne va pas être simple à refermer.

Car les associations, après s’être plaintes d’avoir été tenues à l’écart, sont à leur tour entrées dans le débat. Lundi 17 octobre, Eau et rivières de Bretagne, France nature environnement, Générations futures et Soutien aux victimes de pesticides ont été reçues au ministère de l’écologie. Elles ne se priveront pas de diffuser largement l’information. En outre, dans les prochaines semaines, le futur arrêté doit donner lieu à une consultation publique sur Internet.

 

 
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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 18:15

Chère amie, cher ami,

Nous gagnons du terrain face à l’agrochimie et ses pesticides tueurs d’abeilles !

Après quatre années de combat acharné, et plus d’1,2 million de personnes fédérées en France, en Belgique et en Europe, nous avons réussi à obtenir l’interdiction des néonicotinoïdes responsables de 20 ans de massacre massif des abeilles.

Mais ce n’est pas tout : grâce à l’équipe d’ingénieurs et d’experts que nous avons constituée, nous avons pu détecter dans l’œuf le nouveau plan de l’agrochimie pour imposer de nouveaux tueurs d’abeilles en Europe !

Ce que comptaient faire les lobbys, c’est faire passer en catimini l’autorisation de nouveaux pesticides en tout point semblables aux néonicotinoïdes tueurs d’abeilles – en particulier pour leur toxicité envers les pollinisateurs ! - et s’assurer que leurs bénéfices ne baisseraient pas d’un centime malgré l’interdiction de ces derniers.

Dès le début de l’affaire, toute l’équipe de POLLINIS était sur le pont :

- Nous avons levé le lièvre et informé, par vagues successives, des millions de personnes à travers toute l’Europe;

- Nous avons mobilisé des centaines de milliers de citoyens contre ces nouveaux tueurs d’abeilles, et allons continuer à le faire dans les mois qui viennent jusqu’à obtenir leur interdiction totale ;

- Nous avons lancé une grande enquête sur les autorités sanitaires censées protéger les citoyens et leur environnement, et qui se laissent si facilement convaincre par l’industrie pour autoriser des substances pourtant nocives pour la santé des abeilles. Les résultats de cette enquête seront publiés très prochainement – préparez-vous, ça va faire l’effet d’une bombe !

Nous sommes reçus au Ministère de l’agriculture, en France, le mois prochain, pour exposer nos arguments contre la mainmise de l’agrochimie et pour une agriculture respectueuse des pollinisateurs dont elle dépend.
Pour tout savoir sur l’avancée du combat et de nos travaux, cliquez ici pour accéder à notre dernier bulletin d’informations.

Chaque jour, nous recevons de nouveaux messages de soutien de citoyens qui refusent qu’on sacrifie les abeilles, leur santé et leur alimentation pour servir les intérêts des grosses industries agrochimiques.

Petit à petit, nos rangs s’étoffent, et notre équipe s'aguerrit : c’est parce que nous avons pu être rejoints par des experts capables de décortiquer la structure moléculaire d’une substance phytopharmaceutique que nous avons pu découvrir à temps le scandale des nouveaux tueurs d’abeilles et le faire connaître au grand public.

Et c’est parce que nous avons désormais dans l’équipe des juristes et des spécialistes du droit européen que notre enquête sur les autorités sanitaires va être assez solide pour jeter un sérieux pavé dans la mare !

Nous n’aurions jamais pu arriver jusque-là sans le soutien et l’aide précieuse des membres donateurs de POLLINIS. C’est grâce à eux, et à leur engagement sans faille dans le combat que nous menons depuis quatre ans pour défendre et protéger durablement les abeilles et les pollinisateurs, que nous pouvons mener notre travail au quotidien.

POLLINIS est l’une des rares associations de défense de l’environnement qui soit à 100 % financée par des dons de particuliers. Nous ne recevons ni subventions publiques, ni mécénat de grosses entreprises, ce qui garantit notre totale liberté de parole et d’action.

Pour continuer d’agir, nous ne pouvons compter que sur le soutien de citoyens, comme vous, soucieux de protéger les abeilles et la nature qu’ils laisseront à leurs enfants.

Aussi, si vous le souhaitez, vous pouvez vous aussi devenir un membre donateur de POLLINIS : il vous suffit de remplir le formulaire après avoir lu votre bulletin d’informations, en choisissant le montant et le moyen de paiement qui vous paraît le plus approprié.

Il n’y a pas de petit don : certains membres soutiennent POLLINIS par dons de 20 euros, 50 euros, 100 euros, parfois 200 voire 500 euros. D’autres préfèrent soutenir notre travail dans la durée, en choisissant de verser tous les mois 7 euros, 10 euros ou 15 euros à l’association.

Quel que soit le montant de votre contribution, sachez qu'elle sera une aide précieuse pour nous permettre de financer le travail de notre équipe, que ce soit au niveau de la recherche scientifique, de la veille sur les nouveaux pesticides autorisés, du comité de vigilance que nous avons mis en place pour surveiller les mouvements des lobbies agrochimiques auprès des institutions européennes, ou tout simplement des nombreux projets de conservation et protection de l'abeille qui ont désespérément besoin de financement.

Je vous remercie par avance pour votre soutien, et vous souhaite bonne lecture de votre bulletin d’informations !




Nicolas Laarman
Délégué Général
POLLINIS

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 13:53

L’écologie au pouvoir ! Cela fait sourire...

Notre époque préfère les faits divers et l’écologie politique est au plus bas. Pourtant « L'écologie au pouvoir » me paraît une évidence, une nécessité incontournable..
La mer monte et les ressources s'épuisent, nous sommes tous concernés.

Mon premier vote a été pour René Dumont, en 1974. Il disait vrai, même l'eau viendrait à manquer. « L'écologie à l'épreuve du pouvoir » relate toute les difficultés de la prise de conscience, mais aussi toutes les raisons d'espérer. Les programmes qui tiennent compte de l'urgence écologique existent, ils proposent une vision à long terme qui reste étrangement absente des promesses électorales actuelles.

Mon livre est disponible sur Internet mais à acheter de préférence chez votre libraire... de proximité (370 pages pour 19 euros aux éditions Sang de la Terre).

Sommaire détaillé sur mon blog BIOSPHERE

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 13:51

PÉTITION - Empêchons les sénateurs de censurer le bio dans les cantines !

Le 05 octobre prochain, les Sénateurs devaient débattre de l’introduction d’un seuil de 20 % d’aliments biologiques en restauration collective d’ici 2020, via un amendement au projet de loi sur l’Égalité et la Citoyenneté.

Le débat et le vote n'auront pas lieu !

Une Commission spéciale, présidée par Jean-Claude Lenoir (LR) et composée des rapporteuses Dominique Estrosi Sassone (LR) et de Françoise Gatel (UDI), a tout bonnement estimé que l’amendement déposé était irrecevable ; ce seuil de 20 % a pourtant été voté à l’Assemblée nationale !

Interpellez le président du Sénat dès maintenant et avant le 05 octobre !

ou signez sur :
http://lebiopourtous.agirpourlenvironnement.org

La bio est pourtant en pleine dynamique...
  • Alors que 21 fermes bio s'installent chaque jour en France (soit 32000 exploitations converties à la bio) ;
  • Alors que 83% des parents d'élèves se déclarent favorables à l'introduction d'aliments issus de l'agriculture biologique en restauration scolaire ;
  • Alors que sur les six premiers mois de l'année 2016, les ventes de produits bio ont progressé de 20% ;
Un coup de force institutionnel !

Un recours a été déposé auprès du président du Sénat afin qu’il revienne sur cette censure qui ne dit pas son nom. Interpellez le président du Sénat dès maintenant et avant le 05 octobre !

ou signer sur :
http://lebiopourtous.agirpourlenvironnement.org

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 13:43

À SIGNER » Les braconniers tuent les éléphants pour leur peau et leur ivoire : Stoppons-les !

Chers ami(e)s de la forêt tropicale,

Les éléphants luttent pour leur survie. Massacrés pour leur ivoire en Afrique, ils sont dorénavant aussi chassés et mutilés pour leur peau en Asie. Des mesures plus protectrices doivent être prises immédiatement.

29 états africains travaillent ainsi à une interdiction totale et globale du commerce de l’ivoire. Perçue comme la seule capable d’enrayer le braconnage, cette mesure est soutenue par les États-unis et la Chine, les plus grands importateurs d’ivoire.

Mais pas l’Union européenne. Les écologistes du monde entier sont consternés !

Demandons aux dirigeants européens de soutenir l’interdiction totale du commerce de l’ivoire. L’UE n’a pas le droit de se rendre complice des braconniers :

En vous remerciant pour votre attention,

Sylvain Harmat
Sauvons la forêt www.sauvonslaforet.org

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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 18:53

A fleurs d'écorces à Arrans près de Montbard

le 9 octobre 2016 de 9h00 à 19h00
la fête d'Arrans un village jardin

Programme DU 9 OCTOBRE 2016

9 H 00 OUVERTURE DE LA FÊTE, LE CAFÉ DES EXPOSANTS
Artistes et artisans autour des écorces, du bois et de la nature,
lentilles, fromages…

L’ÉCORCE LA PEAU DES ARBRES (Arbres du Montbardois)
Présentation de l’exposition des participants
du concours photo dans les rues d’Arrans

11 H 00 «ELLE DANSE AVEC LES CHEVAUX»
Spectacle de Céleste Solsona et ses chevaux en liberté

12 H 00 RESTAURATION BUVETTE

14 H 00 DÉPART À LA RECONNAISSANCE DES ÉCORCES»
AVEC CHRISTOPHE DUCHAMP
Petit tour dans les bois pour reconnaître nos écorces locales
GRANDE FRESQUE COLLECTIVE animée par TheButcher
JEUX DE QUILLES NORDIQUES ET JEU DU
«DEVINE QUI JE SUIS» : Écorces mystères

17 H 00 CONCERT AVEC JORGE ET ANNABEL
Musique au Jardin du jazz au tango

18 H 30 REMISE DES PRIX DU CONCOURS PHOTO

Le matin à 11H , spectacle équestre magique de la jeune céleste Solsona,
L’après midi : Musique au jardin, du jazz au tango par Annabel et Jorge, musiciens argentins.
Tout au long de la journée exposition d’artistes comme Philippe Dulieu : de l’arbre au meuble, Claudette Pivot Balluet et ses magnifiques écorces brodées ou encore Serge Berry peintre et architecte,
Seront également présents, un artisan en vannerie sauvage : Gérard Bisiaux , notre pépiniériste Dima spécialiste des rosiers en terrain bourguignon, la jolie librairie « à fleurs de mots » avec un choix
d’ouvrages autour de la nature, l’artisan "au coin du bois », les jeunes pousses talentueuses du Montbardois comme Jacquenet Malin et ZHED, la Safranerie Templière, et quelques bons produits du terroir.
Christophe Deschamps, de la Société Naturaliste du Montbardois, embarquera les volontaires pour une petite balade dans le bois à la reconnaissance des écorces.
Le peintre Semi TheButcher animera la réalisation d’un fresque collective : bienvenue aux enfants, Yves vous défiera sur les essences de bois à reconnaitre, attention pièges, pas si facile et avec Raynald vous jouerez aux quilles nordiques pour gagner différents lots.

Bien sûr buvette et restauration sur la fête.

Le concours de photos sur les écorces du Montbardois a donné des résultats étonnants avec de très belles photos, nous en avons fait une exposition sur grandes bâches.

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 15:08

Le groupe allemand a mis, lundi, 55 milliards d’euros sur la table pour racheter l’américain et créer un mastodonte des pesticides et des semences encore plus puissant.

  • Bayer-Monsanto, alchimie monstrueuse

Certains le surnomment déjà «le mariage des affreux». Le groupe allemand Bayer, connu pour fabriquer, entre autres, les très décriés pesticides «tueurs d’abeilles», convoite l’américain Monsanto, spécialiste des semences OGM, fabricant de l’herbicide Roundup et bête noire des écologistes. Pour parvenir à ses fins, Bayer s’est dit prêt, lundi, à faire un gros, un immense chèque : 62 milliards de dollars (55 milliards d’euros). Ce qui en ferait la plus grosse acquisition d’un groupe étranger par une entreprise allemande, loin devant celle de Chrysler par Daimler à la fin des années 90, pour 36 milliards de dollars. Et ce qui donnerait naissance à un mastodonte de l’agrochimie. Au détriment, accusent les ONG et associations paysannes, des producteurs et des citoyens.

Qui sont ces deux groupes ?

Monsanto fait figure de grand méchant de l’agrochimie. Au point qu’a lieu chaque année une «marche mondiale contre Monsanto». La dernière a eu lieu samedi, rassemblant des milliers de personnes en France, au Canada, en Suisse ou en Uruguay, autour de slogans tels que «Monsanto tu n’auras pas ma peau», «Consommateurs, pas cobayes» ou «Monsanto entreprise criminelle». La firme de Saint-Louis (Missouri) est si controversée qu’un collectif de juristes et d’ONG a même lancé, fin 2015, un tribunal international pour «juger les crimes imputés à la multinationale américaine dans le domaine environnemental et sanitaire et contribuer à la reconnaissance du crime d’écocide dans le droit international» (lire Libération du 3 décembre 2015).

Né en 1901, Monsanto pâtit d’un passé sulfureux. Il a été l’un des fabricants de l’«agent orange», un défoliant utilisé pendant la guerre du Vietnam. Affirmant durant des décennies qu’ils étaient sans danger tout en sachant que c’était faux, la firme a également produit les PCB (polychlorobiphényles ou pyralènes), utilisés notamment dans les transformateurs. Ils ont fini par être interdits aux Etats-Unis en 1979 et en France en 1987 tant leur toxicité est forte, mais se retrouvent encore dans notre environnement et nos corps. Aujourd’hui, son herbicide Roundup, souvent vendu en association avec ses OGM «Roundup Ready», se retrouve au cœur d’une vive polémique. Soupçonné d’être cancérogène, l’ingrédient principal de ce produit, le glyphosate, divise l’Union européenne : elle vient de reporter sa décision sur le renouvellement de l’autorisation de cette substance (lire Libération des 18 et 19 mai).

Mais ses détracteurs le reconnaissent eux-mêmes, Monsanto - qui pèse 13,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 70 % dans les semences et la génétique et le reste dans les pesticides - n’est que l’arbre qui cache la forêt. La firme est devenue pour eux le symbole de tout un secteur, une «caricature de multinationale prédatrice». Les organisateurs du «tribunal contre Monsanto» expliquent d’ailleurs qu’au-delà de celle-ci, il s’agit de dénoncer «toutes les multinationales et entreprises qui ne sont mues que par la recherche du profit et qui, de ce fait, menacent la santé des humains et la sûreté de la planète».

La réputation de Bayer, connu surtout pour son aspirine, n’est pas aussi sulfureuse que celle de sa proie. Pourtant, le géant allemand (46,3 milliards d’euros de ventes, dont 22 % dans les pesticides et semences) n’a rien d’une blanche colombe. Avec d’autres piliers de la chimie allemande comme BASF, il est l’héritier du conglomérat IG Farben, fournisseur du zyklon B utilisé dans les camps de la mort nazis. Il a aussi été mis en cause dans plusieurs affaires (médicament anticholestérol soupçonné d’avoir causé de nombreux décès, vente de produits sanguins contaminés par le VIH…). Aujourd’hui, ses pesticides néonicotinoïdes, vendus sous les marques Gaucho ou Proteus, alarment apiculteurs et chercheurs, car ils tuent les abeilles mais aussi moult autres bestioles, et leur impact sur notre santé inquiète (Libé du 9 mai).

Pourquoi une telle fusion ?

Monsanto n’est pas en forme. Il subit le plongeon des prix des matières premières agricoles et donc la chute du revenu des agriculteurs, qui, à son tour, affecte la demande pour les engrais, OGM et pesticides. Le groupe souffre aussi de la hausse du dollar, qui renchérit ses produits en Amérique latine. Du coup, il prévoit de fermer des sites et de réduire de 16 % ses effectifs globaux d’ici 2018, soit 3 600 emplois sur 20 000. Il est passé en quelques mois du statut de prédateur à celui de proie. En 2014 et 2015, le champion mondial des semences a tenté plusieurs fois d’avaler son concurrent suisse Syngenta, le premier producteur mondial de pesticides, avec l’idée que les semences et pesticides gagnent à être vendus ensemble. En vain. Depuis, son cours de Bourse a chuté et Syngenta est tombé en février dans les bras du chinois ChemChina. A peine deux mois après l’annonce, en décembre, de la fusion de ses compatriotes américains DuPont et Dow Chemicals.

Le secteur de l’agrochimie vit en effet une période centrifuge sans précédent… alors qu’il était déjà très concentré : en 2015, dix entreprises contrôlaient quelque 75 % du marché mondial des semences, estimé à 45 milliards de dollars par an (les trois premières, Monsanto, DuPont et Syngenta monopolisant plus de 50 % du marché). Et elles étaient six à se partager les trois quarts du marché mondial des pesticides, qui pèse 60 milliards de dollars.

Que peut-on en attendre ?

Werner Baumann, le tout nouveau patron de Bayer, justifie ainsi le rapprochement avec Monsanto : il faut nourrir une population mondiale en plein boom démographique. Mais pour Peter Spengler, analyste chez DZ Bank, cité par l’AFP, c’est surtout pour Bayer «une chance, qui n’arrive qu’une fois dans sa vie, de dominer le marché agricole mondial», avec plus de 23 milliards d’euros de ventes combinées.

La course à la taille entre les géants de l’agrochimie a pour objectif de contrôler un maximum de brevets, en particulier sur les OGM. Et de vendre aux agriculteurs un «paquet complet», incluant les semences et les engrais et pesticides chimiques qui vont avec. Voire le conseil, les équipements ou les «services climatiques» : Monsanto a ainsi déboursé près d’un milliard de dollars en 2013 pour s’offrir The Climate Corporation, fondé par des anciens de Google et spécialisé dans l’analyse ultralocalisée du risque agricole et la vente de polices d’assurance associées… «Avec un tel "paquet complet", l’agriculteur sera totalement sous la dépendance d’une seule entreprise, prédit Guy Kastler, de la Confédération paysanne. Et ces multinationales, de plus en plus grosses, auront encore plus de poids sur les gouvernements pour faire passer des réglementations qui obligeront les agriculteurs à utiliser leurs produits. Regardez la guerre qu’elles font déjà aux semences paysannes, désormais encore plus menacées d’appropriation par les brevets sur les "new breeding techniques", ces nouveaux OGM que les firmes rêvent de pouvoir vendre sans étiquetage. J’y vois une menace pour l’ensemble des citoyens, car nous risquons de perdre notre souveraineté politique et notre indépendance alimentaire.» Pour Arnaud Apoteker, ex de Greenpeace et coorganisateur du «tribunal contre Monsanto», «si ces fusions dans l’agrochimie se font, tout le système agricole mondial se trouvera entre les mains de trois conglomérats en mesure d’imposer des politiques agricoles basées sur les semences OGM et leurs pesticides associés».

Reste qu’il n’est pas encore dit que les mariages annoncés aient lieu. Bien que se disant «hautement confiant» dans sa capacité à financer le rachat de Monsanto, Bayer est déjà très lourdement endetté. Et les autorités de la concurrence pourraient tiquer face à la création de tels mastodontes. Elles n’ont d’ailleurs pas encore donné leur bénédiction aux noces agrochimiques de Dupont-Dow et Syngenta-ChemChina.

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 14:09

Cher amie, cher ami,

Pouvez-vous prendre quelques minutes pour répondre au questionnaire que nous avons préparé, avec l'équipe de POLLINIS, pour recueillir l'avis des membres et sympathisants de l'association sur les actions urgentes que nous devons mener dans les mois qui viennent ?

Avec les élections présidentielles qui approchent, nous avons une occasion inespérée de faire pression sur les candidats pour les obliger à prendre des engagements fermes contre les tueurs d’abeilles, et protéger les pollinisateurs à l’avenir.

Chaque année, ce sont 300 000 colonies d’abeilles qui périssent, soit plus de 30 % de la population totale d’abeilles en France. Pendant ce temps, les quantités de pesticides déversées dans les champs ne cessent d’augmenter - + 9,4 % entre 2013 et 2014 !

Continuer à ce rythme, c’est garantir le déclin quasi-total des abeilles et pollinisateurs sur tout le territoire dans quelques années, et priver les générations futures d’une agriculture respectueuse de l’environnement capable de produite une alimentation normale, saine et bonne pour la santé.

On ne peut pas rester les bras croisés devant un tel désastre annoncé. Et ceux qui postulent pour nous diriger doivent être en première ligne pour mettre un coup d’arrêt à cette situation dramatique.

Mais pour leur faire prendre conscience de l’ampleur du problème, et les obliger à intégrer la protection des pollinisateurs dans leur programme de campagne, nous devons agir rapidement, et efficacement.

C’est pour cela que chez POLLINIS, nous avons décidé de lancer une grande consultation auprès de tous les membres et sympathisants de l’association, à laquelle je vous demande de participer pour donner votre avis sur les problèmes qu’il faut faire intégrer en priorité par les candidats avant les élections présidentielles.

Nous ne disposons que de quelques mois pour mener à bien cette action, mais c’est le moment ou jamais de faire parler des pollinisateurs dans le débat : alors que les candidats en campagne sont en train de chercher à glaner nos voix, nous sommes en position de force pour leur imposer nos conditions.

Mais pour cela, nous devons avoir des objectifs clairs, et les moyens d’atteindre ces objectifs.

Avec vos réponses, et celles de tous les membres et sympathisants de l’association, nous allons élaborer une grande Charte qui sera remise à chacun des candidats, que nous allons essayer de rencontrer un par un. Nous allons faire le siège des QG de campagne pour être sûrs que nos arguments sont bien entendus, et investir les médias pour diffuser notre message le plus largement possible.

Tout cela demandera bien sûr beaucoup de travail et de ténacité. Mais l'enjeu est crucial : il s'agit de garantir l'avenir alimentaire de tout un continent !

Alors s'il vous plaît, prenez un instant de votre temps et complétez le questionnaire pour définir la meilleure stratégie pour convaincre les candidats de protéger les pollinisateurs. Et en même temps, permettez-moi également de vous demander de faire un don à POLLINIS, de 30 euros , 50 euros, 100 euros, 200 euros ou même plus si vous le pouvez.

J'ai besoin de ce soutien pour convaincre d'autres citoyens, de tous les coins du pays, de nous rejoindre en masse. Nous devons les informer sur les conséquences dramatiques du tout-pesticides, pour eux et pour leurs enfants, et nous devons les convaincre de rallier notre mouvement pour peser plus lourd dans la balance que l’industrie agrochimique et ses armées de lobbyistes déjà lancés à l’assaut des candidats !

Ce n’est pas tout de définir des objectifs clairs : il faut un budget suffisant pour atteindre ces objectifs.

Alors, ne perdez pas un instant : répondez au questionnaire pour nous aider à définir les actions que nous devons mener immédiatement, et une fois vos réponses validées, faites un don grâce à votre carte bancaire, par chèque ou par paypal, pour permettre la mise en oeuvre de ce programme.

Je vous remercie par avance de votre engagement avec POLLINIS pour sauver les abeilles, notre santé et notre alimentation, aujourd'hui et pour les futures générations.

Sincèrement,

Nicolas Laarman

Délégué général de POLLINIS

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 14:01

ENQUÊTE - Êtes-vous déjà en transition ?

Des exemples de transitions fleurissent aux quatre coins du territoire sur :

  • une alimentation bio et locale,
  • des énergies renouvelables,
  • une finance solidaire,
  • un foncier agricole que des centaines de citoyens se réapproprient…

Ces initiatives écologiques qui naissent, prospèrent et se disséminent par centaines... sont autant d’exemples démontrant qu’un autre monde est possible.

En cette journée de la transition, Agir pour l'Environnement a décidé d’en promouvoir cinq, tout en ayant conscience qu’elles ne représentent qu’une toute petite partie de ce qui existe localement. Dans les mois à venir, nous aurons l’occasion d’en promouvoir de nouvelles et ainsi contribuer modestement à la propagation du monde de demain.

ou participez ici :
https://fr.surveymonkey.com/r/enquete-transition

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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 09:27

// PÉTITION - Interpellons les "sénaTUEURS d'abeilles" !

Les 3 & 4 mai dernier, la Commission du Développement Durable du Sénat a débattu du projet de loi pour la reconquête de la biodiversité.

Tapis dans l’ombre de cette commission (dont les débats ne sont pas publics !), les sénateurs en ont profité pour supprimer toute interdiction des insecticides néonicotinoïdes.

  • Alors même que l’Assemblée nationale avait conditionné une éventuelle interdiction à un report de sa mise en œuvre à la date du 1er septembre 2018 (interdiction TROP tardive !) ;
  • Alors même qu’un amendement sénatorial proposait un nouveau report au 1er septembre 2022 (interdiction BIEN TROP tardive !!) ;

Les sénateurs de cette commission ont rejeté l’idée même d’une interdiction qui leur semble tout bonnement inenvisageable (INCROYABLE !!!).

Pourtant, un collectif d’associations et structures agricoles a démontré qu’une telle interdiction était non seulement possible (l’agriculture biologique est là pour le démontrer chaque jour !) mais qu’elle n’induisait pas de baisse des rendements.

Frappés de surdité démocratique, les « sénaTUEURS d’abeilles » doivent nous entendre !

  • 76 % des personnes interrogées indiquent soutenir l’idée d’une interdiction des insecticides néonicotinoïdes, d'après un sondage IFOP commandé par Agir pour l’Environnement.
  • Nous sommes déjà près de 140 000 signataires à avoir demandé l’interdiction des insecticides néonicotinoïdes « tueurs d’abeilles ».

Soyons encore des dizaines de milliers à interpeller ces « sénaTUEURS d’abeilles ». La démocratie n’est rien sans les citoyens, donc sans nous !

A partir du 10 mai 2016, les sénateurs se réuniront en séance plénière pour réintroduire ou rejeter l’interdiction des insecticides tueurs d’abeilles.

Stop aux « sénaTUEURS d’abeilles », sauvons les abeilles, signez la pétition !

ou
http://neonicotinoides-senateurs.agirpourlenvironnement.org/


Ne doutez jamais qu'un petit groupe de gens réfléchis et engagés puisse changer le monde. En fait, c'est toujours comme cela que ça s'est passé.★ - Margaret Mead (1901 - 1978) - Anthropologue.

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