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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 20:13
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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 10:41

l'Yonne.fr

À Lucy-sur-Yonne, Jean-Charles Faucheux a diversifié son activité céréalière en se lançant voilà dix ans dans la production de légumes de plein champ. Une production qu’il valorise en restauration collective,
en magasins spécialisés bio et en vente directe.

http://t.co/logPROpXb8

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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 19:56

LIBÉRATION SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24MAI 2015

Par JACKY DURAND envoyé spécial à Hauteroche (Côted’Or)
Photos CLAIRE JACHYMI
AK

Dans la ferme bourguignonne de Bornay-Bas, les brebis et leurs petits paissent librement au milieu de riches pâturages qui abondent en herbes variées.

Tout a commencé par un fameux dîner autour du mouton, en Côte-d’Or. D’abord avec une terrine mêlant abats (foie, cœur) et viande, puis avec de délectables côtes d’agneau enrobées d’un beurre à l’ail des ours. Voilà qui nous met l’eau à bouche pour aller arpenter les prairies de la ferme de Bornay-Bas où Jean Desjobert et Saskia Gierke élèvent en bio ce mouton charolais qui nous a régalé.

Autarcie. Dans le matin printanier, on remonte la départementale épousant le cours de la rivière, dépassant le bourg perché de Flavigny-sur-Ozerain, fief du bonbon anisé, avant de s’enfoncer dans un chemin creux qui se perd au fond d’un vallon. La ferme de Bornay-Bas est blottie là dans la pente depuis le XIIIe siècle. On continue de s’y réchauffer sous une monumentale cheminée engloutissant vingt stères de bois par hiver. Sous un soleil guilleret, on petit-déjeune - comté Marcel Petite et café noir - sur une longue table de bois avec vue sur les 113 hectares de prairies où les 420 brebis et leurs agneaux broutent plus de 40 variétés de plantes. On est bien loin, ici, des usines à viande calquées sur le modèle automobile (lire Libération des 7 et 8 mars) quand Jean et Saskia s’emparent d’une touffe d’herbes avec du petit trèfle, du plantain, du pâturin et de la fétuque.

Ces deux-là étaient faits pour se rejoindre dans ce bout du monde après avoir couru d’autres vies. Saskia est née à Francfort, a vécu à Berlin. En 2010, à 36 ans, elle s’est lancée dans l’apprentissage de la cuisine gastronomique avant de réaliser son rêve : vivre à la campagne dans une forme d’autarcie et d’indépendance visant «à acheter le moins possible». Les parents de Jean se sont installés en 1976 à Bornay-Bas, un an avant sa naissance, pour élever des moutons. «Enfant, j’avais envie de faire autre chose», raconte ce fils qui s’oriente vers le maraîchage après un BTS agricole et une spécialisation en agriculture biologique. Jean roule sa bosse en Argentine, à Lille, à Berlin, travaille dans une ferme en biodynamie, vend des fromages sur les marchés. Puis il intègre les jardins de Cocagne, une association qui favorise l’insertion sociale grâce au maraîchage bio. «Ça m’a beaucoup appris sur la très grande misère et tout ce que la nature peut apporter aux gens en manque de stabilité», explique-t-il.

Talkie-walkie. En 2011, il remet «un premier pied» à Bornay-Bas en campant avec Saskia dans une fermette qui surplombe celle de ses parents. «Je voulais prendre un temps de réflexion avant de décider de m’installer ou pas.» A ce moment-là, il s’est passé «beaucoup de choses dans la relation père-fils», dit sobrement Jean, précisant que son père ne l’a «jamais pressé pour reprendre».

Après le petit-déjeuner, Jean et Saskia se séparent pour rassembler deux troupeaux. La jeune femme remonte le ruban vert du ruisseau du Val Sambon en frappant dans ses mains pour pousser les brebis et leurs agneaux vers le fond de la pâture qui se rétrécit comme un entonnoir. Une escouade d’agneaux tente de se réfugier sous une souche près de l’eau. «Il faut les ramener vers le troupeau, ordonne Saskia, sinon ils risquent de paniquer et de se blesser.» Après pas mal de circonvolutions et un concert de bêlements, les brebis et leurs progénitures finissent par traverser à gué le ruisseau sur une enfilade de pierres plates pour rejoindre un tapis de pâquerettes et de pissenlits.

Chaque matin, Saskia et Jean font ainsi le tour des parcs délimités par quinze kilomètres de clôtures et autant de haies bocagères : «C’est le bonheur, ça lave la tête, sourit Saskia. Les seules contraintes de cette vie viennent de l’extérieur : Sécu, compte bancaire…» Aujourd’hui, elle cuisine gigot, côtelettes et navarin à la ferme-auberge La Grange, à Flavigny-sur-Ozerain.

Au loin, dans la pente, Jean suit à moto une centaine d’agnelles âgées d’un an avec Louise, sa chienne border collie. «Il me manque des moutons», l’entend-on dire dans le talkie-walkie de Saskia, qui rigole : «Les moutons, c’est très con.» Le troupeau s’étire dans le val puis se rapproche d’un carré de pois, d’avoine et d’orge destiné à nourrir le bétail. C’est un curieux ballet entre le berger qui désigne à Louise où les moutons doivent aller, la chienne qui pousse le troupeau puis se tapit dans l’herbe. Les bêtes demeurent au pré jusqu’en janvier, lorsque les brebis lourdes sont rentrées dans la perspective des premières naissances. Il faut alors une heure et demie, matin et soir, pour nourrir les bêtes à la fourche avec 75 tonnes de foin récolté sur l’exploitation. Les agneaux seront sevrés durant l’été.

Mamelle. On monte en haut du val pour jouir du panorama magique sur la colline et l’azur où tournoie un milan royal. «Le bien-être animal, c’est le plein air, dit Jean. On voit aujourd’hui des gamins qui n’ont pas accès à la terre s’installer sur des élevages hors-sol et qui te disent : "Moi, ce que je produis, je n’en mangerais pas".» Plus tard, entre le ratafia de l’apéro, l’époisses et les champignons au vinaigre, il précise son projet : «L’indépendance de l’agriculture est aujourd’hui relative. Je suis à 100% tributaire de la Politique agricole commune. J’ai envie d’aller vers un modèle qui s’affranchisse du système des subventions, que l’on soit en prise directe avec le consommateur. Il faut être un peu plus utopiste, ça se révélera peut-être avec une crise alimentaire majeure.» En 2014, la ferme de Bornay-Bas a vendu 50 agneaux en vente directe et table sur 200 cette année. Les bêtes sont abattues à Beaune. Les carcasses sont ensuite débitées dans le laboratoire de la ferme et conditionnés en caissettes à 13,5 euros le kilo de viande. Jean évoque ces agneaux élevés à l’herbe et au lait : «Du beurre, pour les amateurs d’agneaux laitons.»

Dans le clair-obscur de la vieille bergerie, un agneau tout jaune vient de naître à côté de deux brebis qui vont mettre bas. Saskia s’empare d’une bête maigrelette âgée d’un mois et lui touche les côtes. «Il ne se nourrit pas», commente-t-elle en préparant un biberon de lait. Puis elle se pose sur un muret et donne à boire à l’agneau en le caressant à la manière de la brebis qui pousse son petit vers sa mamelle. «Quand ils sont trop faibles, je leur donne un peu de miel, ça les booste et ça leur donne l’instinct de téter.» Pendant la période des naissances, les nuits de Jean et Saskia sont courtes : ils se relaient toutes les trois heures pour aider les mises bas difficiles. En cas de naissances multiples, lorsqu’une brebis ne peut nourrir tous ces petits, il faut faire adopter un agneau par une autre bête qui a perdu sa progéniture. Cela donne lieu à une étrange mystification : pour persuader une brebis d’adopter un agneau, on recouvre ce dernier de la peau de son agneau mort. «De voir des petites bêtes mourir alors que tu as tout fait pour le sauver, tu apprends que ça fait partie de la vie, estime Saskia. L’adoption aussi, au début, je trouvais cela très trash. Mais ça aide à la vie. Tout cela fait que la viande a plus de valeur pour moi, je la cuisine avec une certaine fierté.»

(1) Ferme de Bornay-Bas, Hauteroche (21). Rens. : 03 80 89 59 94.

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 11:52

Érigée en dogme, l’idéologie de la croissance économique nous a menés à la crise écologique, financière et

sociale actuelle. C’est ce que démontre Marie-Monique Robin, en s’appuyant notamment sur les analyses d’économistes hétérodoxes, dans Sacrée croissance !, un documentaire et un livre pleins d’espoir,

où la journaliste témoigne de très nombreuses initiatives qui déjà dessinent la société post-croissance

durable et équitable. Partout dans le monde, des « lanceurs d’avenir » ouvrent la voie.

Dans votre livre, nous sommes en 2034. Vous réécrivez l’histoire à partir du « jour où François Hollande a compris qu’elle ne reviendrait pas ». Elle ?

Elle, c’est la croissance ! Une croissance infinie dans un monde aux ressources limitées est une absurdité,

un mythe dont il faut sortir. Aussi, je reprends le fil de notre histoire au 14 avril 2014.

Que se passe-t-il alors ?

Le rapport du Giec [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, NDLR] vient d’être publié.

Il n’exclut pas un réchauffement de 4,8 °C d’ici 2100. Comme lors du 11 septembre 2001, l’événement en Une

des journaux du monde entier provoque un grand sursaut. François Hollande conscient de la gravité de la situation décide de lancer la Grande Transition vers une société zéro carbone. Il opère un remaniement ministériel et réorganise. Chaque ministère est dirigé par deux personnes, l’une avec une expertise précise dans le domaine

qu’elle incarne tandis que l’autre a une fonction plus politique, ancrée dans le territoire.

Le jour d’après, nous entrons dans une société post-croissante : quelle est sa principale caractéristique ?

Le collectif reprend la main sur la production, dans le domaine de l’alimentation, de l’énergie, des transports, etc.

Les modèles coopératifs deviennent la base de cette société devenue résiliente.

 

« La solidarité ne peut exister que si des liens se sont développés entre les gens. » 

 

Résiliente, c’est-à-dire ?

Est résiliente une société qui a la capacité d’encaisser les chocs. En cas d’événements ponctuels,

comme la tempête Xynthia, un État peut réparer. Lorsqu’ils deviennent réguliers, toute son énergie est absorbée

par la réparation. Il n’y a plus de temps pour préparer le futur. Ce qui rend résiliente une société, ce sont les interconnexions et les liens entre les différentes actions. À l’échelle du territoire, cela conduit à l’autonomie.

Plus on recrée du lien, plus on se prépare, plus on est fort pour résister. Et la solidarité ne peut exister que

si des liens se sont développés entre les gens.    

Dans cette société, nous devenons « pro-sommateurs ». Que voulez-vous dire ?

Un pro-sommateur, c’est quelqu’un qui ne se contente pas de consommer. Le système actuel basé sur la croissance nous a réduits à une fonction primaire : consommer. Dans la société post-croissance, nous sommes des citoyens. Nous achetons des produits, car évidemment on ne peut pas tout faire soi-même, mais nous sommes aussi

capables de faire un certain nombre de choses : produire des aliments dans des jardins partagés, réparer nos

vélos ou nos ordinateurs ou encore rendre des services dans notre collectivité. Ces différentes fonctions sont liées.

« Le système actuel basé sur la croissance nous a réduits à une fonction primaire : consommer. »

Sommes-nous prêts pour cette transition ?

J’ai commencé une tournée en France avec le film Sacrée croissance ! et j’ai été impressionnée devant les salles pleines et la demande d’expériences positives pour sortir du marasme actuel. Tout le monde est conscient.

Selon de récents sondages, 3 Français sur 4 pensent que leurs enfants vivront moins bien que leurs parents et

ils ont raison au regard de la détérioration de l’environnement, du travail, de l’augmentation du nombre de pauvres… Ce qui se traduit par de l’abstentionnisme ou des votes extrêmes lors des élections. Beaucoup de gens ne savent

plus à quel saint se vouer, mais on ne leur dit pas la vérité. On parle de croissance tous les jours, et il ne se passe rien. Le chômage croît. Et il va continuer si on reste dans ce concept de croissance illimitée. Le système est à bout

de souffle et il y a une grande attente de la société. Si les politiques avaient le courage de dire que nous sommes

dans une situation exceptionnelle dans l’histoire de l’humanité – en face d’un système qui s’appelle le climat et que nous avons déréglé par notre modèle de développement industriel –, les gens seraient capables d’entendre.

À Angers, Strasbourg, Chambéry…, je rencontre des personnes qui me demandent de leur expliquer ce qui nous attend avec le climat. Passé le choc, elles disent : « Merci, on s’en doutait ! Maintenant on doit agir. »

Avons-nous les moyens et le temps d’agir ?

La bonne nouvelle est que nous avons encore les moyens. On n’a pas beaucoup de temps mais c’est encore

possible car les savoir-faire pour changer de cap existent. Partout dans le monde, des « lanceurs d’avenir »

montrent la voie. Il faut absolument encourager ces initiatives, faire en sorte que les politiques appuient ces mouvements avec des mesures qui nous permettent d’aller plus vite.

Justement, avez-vous offert Sacrée croissance ! au président de la République ?

Oui ! Avec une dédicace : « Au président et au citoyen ! » et cette citation de Goethe : « Tant que nous ne nous engageons pas, le doute règne, la possibilité de se rétracter demeure et l’inefficacité prévaut toujours.

Dès le moment où l’on s’engage, la providence se met en marche. Tout ce que tu peux faire ou rêve de faire,

tu peux oser l’entreprendre. L’audace renferme en soi génie, pouvoir et magie. Débute maintenant. »

Pouvez-vous nous donner quelques noms de ministres du gouvernement de la Grande Transition ?

Suite à l’annonce du Giec, les nations s’engagent à relocaliser la production alimentaire en développant

l’agroécologie et l’agriculture urbaine, à abandonner progressivement les énergies fossiles, le nucléaire, à valoriser l’isolation thermique des bâtiments, à mettre en place des monnaies complémentaires, à encourager toutes les initiatives permettant de mettre en place la Grande Transition. J’ai imaginé aussi que François Hollande nommait

dans chaque ministère deux ministres travaillant en duo. Par exemple, Thierry Salomon, dont l’association est

l’auteur du scénario Negawatt, est à l’Énergie avec Ségolène Royal. L’économiste Gaël Giraud (auteur de

L’Imposture économique et de L’Illusion financière, Éd. de l’Atelier) à l’Économie aux côtés d’Emmanuel Macron.

Et à l’agriculture ?

J’ai imaginé que ce serait Philippe Pointerau de l’association Solagro. Son scenario Afterres 2050 transforme notre agriculture de sorte que dans 30 ans elle soit véritablement indépendante, décarbonnée, usant moins de pétrole et

de gaz, notamment parce qu’elle ne repose plus sur les engrais et pesticides chimiques mais sur l’agriculture biologique, les circuits courts. Elle permet la souveraineté alimentaire de la France. Aujourd’hui, un aliment peut voyager 3 000 km avant d’arriver dans l’assiette du consommateur européen. Si l’on tient compte de tous ses paramètres – plus l’irrigation intensive, la déforestation pour le soja argentin qui nourrit nos élevages ou pour les biocarburants des automobiles par exemple –, l’agriculture industrielle est responsable de 50 % des émissions de gaz à effet de serre. Réduire, c’est possible comme le montre Afterre 2050 de Solagro. Et, bonne nouvelle, ce changement de modèle agricole crée de l’emploi !  

Comment développer les mesures présentées sans tomber dans une dictature écolo ?


Dans mon scénario, à améliorer bien sûr, je démontre la force du local, de la démocratie participative. La Grande Transition ne pourra se faire qu’avec un État fort et une volonté politique qui orientera les investissements vers les circuits courts, la rénovation de l’ancien… Dans la société postcroissance, on travaille moins, on partage le travail, mais on reste actif dans de nombreux domaines. La dictature, c’est ce que nous vivons actuellement ! Dictature de l’argent et du capitalisme sauvage…

Vous décrivez beaucoup d’initiatives positives à travers le monde, les monnaies complémentaires en Allemagne ou au Brésil. Et en France ?

Il en existe aussi mais je ne pouvais pas tout traiter. Un exemple, j’ai découvert récemment un petit village

en transition en Alsace, près de Mulhouse, qui s’appelle Ungersheim : agriculture bio, cantine 100 % bio,

ferme urbaine, cheval pour emmener les enfants à l’école et pour faire du maraîchage, et pas de chômage…

Sentez-vous une prise de conscience politique ?

Il y a actuellement une prise de conscience internationale qui se traduit par un désir de relocalisation.

Elle se sent aussi au plan local, parce que les élus sont proches du territoire et des gens, et parce qu’ils

prennent les problèmes en direct. C’est au plan national qu’est le blocage. Une volonté politique permet d’impulser,

de faciliter, de faire gagner du temps. Pour que ça bouge, il faut que cela parte de la base, il faut des héros locaux

qui avalent leur ego, des « lanceurs d’avenir » ! Il y en a. Regroupons-nous !


 

MMRBio express

Né en 1960, Marie-Monique Robin est journaliste d’investigation (prix Albert-Londres 1995). Parmi ses nombreuses enquêtes prolongées sous forme de films ou de livres, citons les best-sellers (Arte éditions/La Découverte) :

Le Monde selon Monsanto, producteur mondial d’OGM, de pesticides, de pyralène…, Notre Poison quotidien,

qui révèle la mise en circulation de centaines de millions de molécules artificielles et interroge sur les impacts santé, ou encore Les Moissons du futur, ou comment l’agroécologie peut nourrir le monde.

 

Sacrée croissance !

  • Un documentaire réalisé avec le soutien de Biocoop et de nombreux citoyens. À commander dans votre magasin Biocoop ou sur boutique.arte.tv
  • Un livre paru chez Arte éditions/La découverte (19,90 €). Outre les analyses économiques très accessibles
  • et pertinentes, on y découvre des initiatives comme l’agriculture urbaine, en plein développement en Amérique du Nord, et ses précurseurs à Toronto ou Montréal, en Argentine ; les monnaies locales notamment au Brésil, en Bavière, ou encore les nouveaux indicateurs de richesse comme le BNB, bonheur national brut qui, au Bhoutan, remplace le PIB, produit intérieur brut.
  • Une exposition à faire circuler.
  • Le site de Marie-Monique Robin : www.m2rfilms.com

Crédit illustration : Séverine Assous.
Crédit photo : Frédéric Pardon

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 11:51

http://www.labiopourtous.info/fr

PÉTITION - La bio pour tous

Quels que soient nos revenus, nous avons le droit d’avoir accès à une alimentation de qualité respectueuse de notre corps, de la planète et des autres êtres vivants. Une alimentation qui doit donc être issue d’une agriculture bio, locale et équitable.

Quels que soient nos revenus, nous avons le droit d’avoir accès à une alimentation de qualité respectueuse de notre corps, de la planète et des autres êtres vivants. Une alimentation qui doit donc être issue d’une agriculture bio,...
labiopourtous.info
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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 12:12

Agriculture biologique : des consommateurs de plus en plus nombreux face à une politique régionale qui freine le développement de la filière locale !

Malgré une troisième place européenne, la production biologique française reste inégalement répartie.

On peut regretter que la Bourgogne ne fasse pas partie des régions dynamiques, les taux de conversion et de surface agricole en bio sont inférieurs aux moyennes nationales. Et pourtant, c'est une région rurale et agricole à fort potentiel !

Depuis 2013, les professionnels de la filière biologique bourguignonne affichent des taux de conversion en hausse. Ils annoncent des perspectives positives, avec une forte croissance, jusqu'en 2016.

Cette dynamique favorable à l'emploi, à la santé, à notre environnement, et plus particulièrement à la qualité de l'eau, est un marqueur fort pour la transition écologique de notre Région.

Et pourtant, le Conseil Régional de Bourgogne a renoncé à accompagner, de façon volontariste, le développement de la filière biologique locale alors que le potentiel existe et que la demande en produits bios et locaux ne cesse de croître chaque année, et ce pour des raisons de contraintes budgétaires.

Dans un contexte où l'argent public est rare, c'est vrai, il y a des choix politiques à faire ! C'est pourquoi, les écologistes condamnent ce recul du Conseil Régional qui va freiner le développement économique et écologique de la Région Bourgogne.

Un autre choix est possible !

EELV défend une gestion rigoureuse des finances publiques qui consiste à stopper le gaspillage d'argent public sur des projets inutiles et déficitaires comme l’aéroport Dijon Bourgogne (épinglé par le rapport de la Cour des comptes 2015), Center-parcs en Saône-et-Loire, et à conditionner les aides économiques en direction des entreprises qui en ont réellement besoin, pour réorienter les fonds sur des projets qui créent de l'emploi tout en préservant notre environnement.

Il est urgent de saisir les enjeux d'une société en transition et de faire preuve de responsabilité politique.

Si certains élus ont encore du mal à saisir l'impact financier, environnemental et social d'un manque d'ambition politique consistant à faire des économies dérisoires sur le développement de l'agriculture biologique au vu des coûts reportés dans d'autres secteurs, comme la politique de l'eau, EELV Bourgogne rappelle quelques faits :

En 2015, la directive-cadre sur l'eau (DCE) et la loi Grenelle 2 ( chapitre II, art.24), imposent un bon état écologique des ressources en eau.

Force est de constater que le compte n'y sera pas car tous les indicateurs, qui relient l'eau et l'agriculture, sont au rouge. Échec du plan Eco-phyto 1 avec une consommation des pesticides en hausse, non respect des objectifs 2015 du volet agricole de la DCE, condamnation régulière de la France, par la cour de justice européenne, pour non respect de la directive nitrates avec de fortes pénalités financières. La Cour des comptes, dans son rapport 2015 sur les politiques de l'eau, estiment à 54 milliards/an, les coûts induits par les pollutions diffuses d'origine agricole pour la dépollution des nitrates et des pesticides. Bien entendu, cette charge financière est réglée par le contribuable !

En politique responsable, EELV requiert avec conviction et bon sens, que l'agriculture biologique soit soutenue à hauteur de son potentiel parce qu'elle est au service d'une politique préventive, économe , efficace et porteuse de nombreux emplois locaux.

C'est pourquoi, nous demandons au conseil régional de déployer les fonds supplémentaires nécessaires permettant la conversion et l'installation de tous les agriculteurs souhaitant passer en agriculture biologique à court et moyen terme.

François LOTTEAU, Secrétaire Régional

Stéphanie MODDE, porte-parole régionale

http://bourgogne.eelv.fr/

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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 11:48
Gerard Dupin
Paris, France

Benoît Biteau est désabusé.

Alors que sa Ferme Val de Seudre Identi'Terre en Charente-Maritime est un modèle en matière d'agriculture durable et biologique, d'applications agronomiques, d'agroforesterie, de circuits courts et de conservation de races locales - elle a reçu le Trophée National de l'Agriculture Durable en 2009 - les services de l'État refusent de lui verser 5 années d'aides à l'agriculture biologique dont il a cruellement besoin pour pérenniser et développer ses pratiques vertueuses, responsables, citoyennes, et créatrices d'emplois.

Pendant que les maïsiculteurs continuent de percevoir leurs importantes aides jusqu'au dernier centime et avant le 31 décembre de chaque année... et que les huîtres de Marennes Oléron, moules, coquilles Saint Jacques, autres coquillages et poissons continuent d'agoniser dans la mer souillée par ces irresponsables assistés des aides publiques aux pratiques destructrices des écosystèmes et de la ressource en eau, on refuse à Benoît Biteau ses aides au soutien à l'agriculture biologique au motif qu'il........... n'irrigue plus ! Incroyable, non ?

Pourquoi les orientations de la nouvelle Politique Agricole Commune (PAC), les aides des agences de l'eau, continuent-elles de soutenir les utilisateurs d'engrais de synthèse, de pesticides et de toxiques dénommés pudiquement "phytosanitaires" pourtant présentés par Mr Le Foll récemment comme de "véritables bombes à retardement"? 

Monsieur Le FOLL, Ministre de l'Agriculture, vous avez manqué une chance HISTORIQUE de changer vraiment les choses, d'inverser la tendance lors de la récente réforme de la PAC que VOUS avez conduite !

Et pendant que ceux qui dévastent, à grand coup d'argent public, les équilibres, les ressources et l'eau en particulier, la biodiversité, le climat, notre santé, l'espoir de souveraineté alimentaire et l'avenir des générations futures, vous continuez de contester les aides pour les haies, les arbres, les zones humides, les zones de biodiversité, les aides à l'agriculture biologique naturelle... Désespérant !

À travers cette pétition, nous voulons apporter notre soutien à Benoît Biteau et à tous les autres paysans bios victimes de cette politique incohérente dans les faits comme dans les actes.

Le 12 février prochain est attendue la décision - actuellement en délibéré- du Tribunal Administratif de Poitiers concernant l'attribution d'une partie des aides à Benoît Biteau. Il nous reste donc quelques jours pour signer et diffuser massivement cet appel et obtenir une décision favorable à l'action bénéfique de ce paysan, dans l'intérêt supérieur des générations futures, et faire jurisprudence.

Voici le lien vers le site de la ferme de Benoît Val de Seudre Identi'Terre http://www.val-de-seudre-identi-terre.com 

Lien vers article du site avec film à voir "L'Arbre qui cache la forêt" avec les alternatives agroforesterie :  http://www.val-de-seudre-identi-terre.com/soutenons-benoit-biteau-et-plus-generalement-demandons-le-reglement-des-primes-aux-agriculteurs-bio

Lien vers shéma des aides de la PAC de la ferme, histoire d'une conversion : http://www.val-de-seudre-identi-terre.com/schema-des-aides-pac-de-la-ferme-histoire-d-une-conversion-20072015

Médiatisation, explications plus complètes avec près de 64 217.18 €uros d'aides non versées, historique de 2007 à 2015 :

http://www.val-de-seudre-identi-terre.com/soutien-a-benoit-biteau-mediatisation-petition-changeorg-presse-locale-et-quelques-explications-complementaires

Lien vers le dernier article du blog de la ferme "Documents des Ministres succesifs, émission CFM radio (Montauban), vache de soutiens !" :

http://www.val-de-seudre-identi-terre.com/documents-des-ministres-succesifs-emission-cfm-radio-montauban-vache-de-soutiens

PS et information : nous lisons dans vos commentaires souvent la confusion entre agriculture biologique (certifiée, contrôlée, naturelle) et agriculture "raisonnée".

"Agriculture Raisonnée" et FARRE (Forum pour une Agriculture Raisonnée et Respectueuse de l'Environnement), ne sont que le fruit d'une propagande organisée par la FNSEA et les firmes chimiques de l'UIPP (Union des Industries de la Protection des Plantes) pour mettre du beau vocabulaire autour d'une imposture n'ayant pour ambition que le marketing de l'agriculture chimique! En effet, son cahier des charges n'a pas plus d'ambition que les règles "d'écoconditionnalités" de la PAC pour percevoir les aides à l'agriculture. Ce qui signifie que tout agriculteur recevant des aides PAC est en "agriculture raisonnée", c'est à dire absolument tous les productivistes chimiques! On peut dire qu'ils ont réussi leur propagande pour "vendre" l'inacceptable plutôt que de se mobiliser vers une modèle agricole raisonnable, responsable, citoyen et humaniste! Même la justice a condamné cette imposture! http://www.eau-et-rivieres.asso.fr/media/user/20041216_FARRE.pdf

Date butoir pour le verdict définitif du Tribunal Administratif actuellement en délibéré, pour seulement une partie de ce dossier : le 12 février 2015 !

Auteur et initiateur de la pétition :

Gérard Dupin, société civile, et  Président cofondateur de l'association Ruralimages, reconnue d'intérêt général.  www.ruralimages.fr

cogérée avec

Stéphanie Muzard, société civile, artiste auteur plasticienne et réalisatrice de films documentaires humanistes et engagés agriculturels, ( l'Atelier des Muses, www.latelierdesmuses.com  ) cofondatrice et bénévole de l'association Ruralimages, webmaster du blog de la ferme paysanne.

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 08:28

lemonde.fr

 

Nous serons nombreux le mercredi 5 mars à pique-niquer avec Olivier Cousin  devant le palais de justice d'Angers comme nous avons été des centaines de milliers à signer la pétition (http://ipsn.eu/petition/viticulteur/index.php)          en faveur d'Emmanuel Giboulot, qui a comparu le 24 février devant le tribunal correctionnel de Dijon. Parce qu'il arrive un moment où il faut dire "basta !". Assez de ces petits chefs de la bureaucratie vineuse, plus familiers du maroquin que du sécateur, qui font leur fiel de procédures misérables à l'égard de vignerons sincères et authentiques victimes de harcèlement textuel.

Que reproche-t-on à Olivier Cousin ? Ses cheveux (en catogan) ? Ses chevaux (qui labourent) ? Ses vins (sans intrants) ? Vous n'y pensez pas ! Les gens du vin sont civilisés : verticales et martingales pour quelques-uns, fringale pour beaucoup. Le vigneron de Martigné-Briand (Maine-et-Loire) a commis le grave délit de faire du vin en Anjou et d'en avertir le consommateur en l'écrivant sur l'étiquette de ses flacons. L'outrage absolu pour la nomenklatura des appellations. Il dit la vérité. L'accusation brandira les textes de loi qui interdisent à celui qui a osé sortir du système de l'AOC (appellation d'origine contrôlée) pour faire du vin de table de spécifier l'origine de son raisin, le cépage ou le millésime. Elle ne manquera pas de rappeler que l'individu a déjà été verbalisé pour son "Anjou cabernet" et ses cartons imprimés "Anjou Olivier Cousin" (AOC). Ce ne sont qu'arguments de prétoire. Au fond du fond, il faudra trancher un problème simple et néanmoins stupide : un vigneron en Anjou a-t-il le droit d'écrire qu'il fait du vin en Anjou ?

En son temps, Karl Marx a dénoncé l'appropriation privée des moyens de production ; nous en sommes au stade de celle des moyens d'expression avec la privatisation des mots et des appellations au profit des plus forts et des plus habiles. "Anjou" appartient aujourd'hui à l'Inao (Institut national de l'origine et de la qualité), d'abord observatrice dans l'affaire Olivier Cousin et désormais partie plaignante. Un dossier important, il est vrai : le litige porte sur 2 800 bouteilles de 75 cl dans un pays qui a produit plus de 45 millions d'hectolitres en 2013. A la veille de l'audience, Olivier Cousin remercie l'Inao   de l'attention portée à ses crus désormais connus et défendus dans le monde entier.        Il ne manquerait plus qu'une condamnation pour clore ce procès aussi ridicule qu'inutile.

FAIRE ET BOIRE LE VIN QU'ILS AIMENT

Les faits reprochés à Emmanuel Giboulot sont d'un autre ordre : il a refusé de polluer  ses terres, cultivées en biodynamie, avec des insecticides chimiques censés détruire la cicadelle, petit insecte vecteur de la flavescence dorée, une maladie très contagieuse et mortelle pour la vigne. C'était un ordre de la préfecture. Il ne l'a pas suivi car il préfère d'autres méthodes et, à ce jour, ses vignes ne sont pas atteintes. Contrôlé par la Draaf (Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt), convoqué devant  le procureur à Beaune, on lui a signifié que le non-respect d'un arrêté préfectoral concernant la lutte contre les maladies animales et végétales réglementées constitue un délit selon le code rural. Bon pour la correctionnelle. Il est le second à passer en justice après un viticulteur bio du Vaucluse reconnu coupable d'avoir refusé l'emploi de produits phytosanitaires. Sa condamnation signifierait simplement la fin du droit de cultiver autrement.

Messieurs de la Cour, des Douanes et de l'Inao, il faudra comprendre un jour qu'il existe en ce pays des vignerons et des amateurs de vin qui entendent faire et boire le vin qu'ils aiment. Ce n'est pas le vôtre, pas celui que vous avez encouragé durant des décennies à coup de pesticides, de progrès technologiques et de campagnes marketing. Pas ces cuves dont vous ne savez que faire face à la baisse de la consommation nationale et à la concurrence des vins étrangers à l'export. Avec vos AOC qui tombent comme à Gravelotte et les règlements sadomaso qui les encadrent, vous nous avez saoulés. Nous avons décidé depuis quelques années de cultiver, de vendanger, de vinifier et de boire autrement. Pourriez-vous, n'en déplaise à vos honorables personnes, nous lâcher un peu   la grappe sur le vin que nous aimons ?

Assez de ces petits chefs de la bureaucratie vineuse, plus familiers du maroquin que du sécateur, qui font leur fiel de procédures misérables à l'égard de vignerons sincères et authentiques.

jpgene.cook@gmail.com

  • JP Géné
     

Le carnet d'adresses

Le Temps des Vendanges 9, place de l'Estrapade, Toulouse. Tél. : 05-61-42-94-66.
Centre commercial Bernadet, 32, route de Toulouse, Plaisance-du-Touch. Tél. : 05-34-59-11-57. www.letempsdesvendanges.com

 

Il faut aller boire un verre ou manger un morceau à l'une de ces adresses pour soutenir Eric et Amandine Cuestas, harcelés par la Répression des fraudes (DGCCRF) pour avoir inscrit sur leur devanture « vins naturels ».

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 16:14

 

Planete

Audrey Chauvet

 

 

Quand un «choix idéologique» devient «une infraction pénale»: Emmanuel Giboulot, viticulteur bio en Bourgogne, comparaissait ce lundi devant le tribunal correctionnel de Dijon pour avoir refusé de traiter ses ceps contre la flavescence dorée, une maladie de la vigne. Le parquet a requis une amende de 1.000 euros, assortie pour moitié de sursis, contre le viticulteur resté fidèle aux principes d’une agriculture basée sur le respect des cycles naturels malgré un arrêté préfectoral qui imposait de traiter toutes les vignes de Côte-d'Or.

Que lui reproche-t-on?

En juin 2013, la préfecture de Côte-d’Or publie un arrêté obligeant tous les viticulteurs du département à traiter leurs ceps contre la flavescence dorée, une maladie mortelle pour la vigne transmise par un petit insecte, la cicadelle. Pour l’éradiquer, la préfecture préconise l’utilisation d’un insecticide. Mais la biodynamie, qui interdit toute utilisation de produits chimiques, n’est pas compatible avec cet ordre. Emmanuel Giboulot refuse donc de traiter les dix hectares qu'il exploite en Côte-de-Beaune et Haute-Côte de Nuits.

Pouvait-il utiliser des méthodes compatibles avec le label bio?  

Il existe un seul traitement «biologique» contre la flavescence: la pyréthrine, un pesticide fabriqué à base de fleurs. Baptiste Philippe, vigneron bio à Viré (Saône-et-Loire), a dû y avoir recours en 2013: «C’est un produit assez peu toxique pour l’homme et l’environnement car il se dégrade rapidement, explique le vigneron du Mâconnais.

Mais cela pose beaucoup de problèmes idéologiques aux vignerons bio car son spectre d’action est très large: il détruit toute la faune auxiliaire, abeilles comprises.» 

L'Institut national de la recherche agronomique (Inra) ajoute même que ce produit d’origine naturelle «est nuisible pour l'environnement: c'est un neurotoxique qui peut affecter les insectes, mais aussi les oiseaux, les animaux, et même les viticulteurs selon

les doses utilisées». Le président du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB) rejette toutefois les accusations de pollution: lors d'une conférence de presse

à Beaune ce vendredi il a martelé que «Non, la Bourgogne ne pollue pas en traitant ses vignes.»

Cette décision mettait-elle les autres viticulteurs en danger?

«J'ai refusé de faire ce traitement systématique dans la mesure où il n'y avait pas de foyer avéré dans le département», a expliqué Emmanuel Giboulot au tribunal. Toutefois, les autorités estiment que malgré l’absence de foyers de flavescence en Côte-d’Or, des cas détectés à quelques kilomètres de Beaune justifiaient ces mesures. «En refusant de traiter, il faisait prendre peu de risques aux voisins. Un zonage intelligent des traitements aurait pu en réduire le nombre», estime Baptiste Philippe, qui a dû traiter

ses vignes de Saône-et-Loire où plusieurs foyers avaient été détectés. «A Viré, au cœur du foyer, il fallait que la lutte soit collective», explique-t-il.

Les ordres de la préfecture étaient-ils justifiés?

Pour les associations de protection de l’environnement qui soutiennent Emmanuel Giboulot, les traitements imposés relèvent d’une vision de l’agriculture «uniquement basée sur une lutte chimique comme toute réponse au moindre problème», écrit l’association Générations futures. Pour la Confédération paysanne, qui soutient le viticulteur bio, «cela nous parait surprenant que l’Etat emmène un viticulteur devant le tribunal pour refus d’utilisation de pesticides alors que des lois visant à réduire leur utilisation sont en passe d’être votées», réagit Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération. «La préfecture a joué la sécurité sans tenir compte de l’environnement et des équilibres écologiques, estime pour sa part Baptiste Philippe. Mais si tous les viticulteurs bio refusaient de traiter,

ce serait excessif aussi. Il faut trouver des méthodes intelligentes de lutte contre

les maladies».

Ce petit cristal de zyrcon[1] a été découvert à l'est de l'Australie, dans le Jack Hills une région connue pour être le meilleur emplacement pour trouver et étudier des roches qui remontent aux premiers instants de la Terre. Le zyrcon étudié a été extrait en 2001 d'un affleurement rocheux. Il est minuscule avec une taille équivalente à seulement deux fois le diamètre d'un cheveu humain. Jusqu'à présent, les plus anciens zircons terrestres avaient été retrouvés dans la formation Narryer Gneiss Terrane du craton Yilgarn, en Australie occidentale, avec un âge estimé à 4,404 milliards d'années. Le record vient donc d'être battu avec un zircon dont l'âge a été estimé à 4,4 milliards d'années, soit seulement 100 millions d'années après la formation de la Lune par un impact colossal d'un astéroïde de la taille de la planète Mars avec la Terre (4,5 milliards d'années). Ceci montre que la croûte terrestre s'est formée assez rapidement, 160 millions d'années seulement après la formation de notre planète (4,56 milliards d'années), indique le Professeur John Valley, spécialisé en géosciences à l'Université de Wisconsin-Madison (Etats-Unis), à l'origine de cette datation avec ses collègues. Cette découverte suggère que la présence d'une terre primitive relativement froide pourrait être apparue plus tôt que les estimations précédentes. Or, cette terre primitive aurait connu des températures suffisamment basses pour permettre l'apparition des océans et même de la vie. Les premiers instants de la Terre était en effet particulièrement chaotiques : cette période de l'histoire géologique est connue sous le nom d'Hadéen, en référence au dieu grec des enfers Hadès : océan de magma, bombardement météorique, les conditions y étaient littéralement infernales. histoire Terre© : notre-planete.info d'après Andree Valley Or, si la croûte terrestre s'est formée il y a 4,4 milliards d'années, cela « suggère que la planète était peut-être capable de soutenir la vie microbienne il y a 4,3 milliards années » indique le professeur John Valley. Pour le moment, « nous n'avons aucune preuve que la vie existait à l'époque. Mais rien ne permet de penser que la vie ne pouvait pas exister sur la Terre il y a 4,3 milliards d'années » a-t-il ajouté. Rappelons qu'il y a seulement quelques mois, Nora Noffke de l'Université Old Dominion (Virginie, Etats-Unis) et ses collègues avaient découvert la présence d'une vie microbienne dans une roche datée de 3,48 milliards d'années... Cette signature de la vie est aujourd'hui la plus ancienne jamais retrouvée. Cette nouvelle datation permet de repousser encore une fois les limites de la vie : « l'une des choses qui nous intéressent vraiment, c'est : quand la Terre a-t-elle pu accueillir la vie ? Quand s'est-elle suffisamment refroidie pour que la vie puisse émerger ? » s'interroge John Valley. Notes Le zyrcon est un minéral du groupe des silicates, plus précisément des nésosilicates. Sa formule chimique est ZrSiO4, il s'agit de silicate de zirconium naturel. Il forme des cristaux, et il est considéré comme une gemme semi-précieuse en bijouterie. Référence John W. Valley, Aaron J. Cavosie, Takayuki Ushikubo, David A. Reinhard, Daniel F. Lawrence, David J. Larson, Peter H. Clifton, Thomas F. Kelly, Simon A. Wilde, Desmond E. Moser & Michael J. Spicuzza ; Hadean age for a post-magma-ocean zircon confirmed by atom-probe tomography ; Nature Geoscience (2014) doi:10.1038/ngeo2075 Auteur avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés

Source : http://www.notre-planete.info/actualites/3953-record-roche-age-Terre
Une équipe international de scientifiques a réussi à estimer l'âge de la plus vieille roche terrestre connue jusqu'à ce jour : un cristal de zyrcon qui a plus de 4,4 milliards d'années ! Cette gemme témoigne de la naissance de la croûte terrestre, peu de temps après la formation de la Terre et repousse encore un peu plus les limites de l'apparition de la vie sur notre planète.

Source : http://www.notre-planete.info/actualites/3953-record-roche-age-Terre
Une équipe international de scientifiques a réussi à estimer l'âge de la plus vieille roche terrestre connue jusqu'à ce jour : un cristal de zyrcon qui a plus de 4,4 milliards d'années ! Cette gemme témoigne de la naissance de la croûte terrestre, peu de temps après la formation de la Terre et repousse encore un peu plus les limites de l'apparition de la vie sur notre planète.

Source : http://www.notre-planete.info/actualites/3953-record-roche-age-Terre
Une équipe international de scientifiques a réussi à estimer l'âge de la plus vieille roche terrestre connue jusqu'à ce jour : un cristal de zyrcon qui a plus de 4,4 milliards d'années ! Cette gemme témoigne de la naissance de la croûte terrestre, peu de temps après la formation de la Terre et repousse encore un peu plus les limites de l'apparition de la vie sur notre planète.

Source : http://www.notre-planete.info/actualites/3953-record-roche-age-Terre
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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 19:11

lemonde.fr

 

Comment concilier vignoble bio et lutte contre une maladie mortelle de la vigne ? C'est la question épineuse à laquelle s'est heurtée Emmanuel Giboulot, qui exploite dix hectares de vignes en biodynamie sur la Côte de Beaune et la Haute-Côte de Nuits, en Bourgogne. Le viticulteur de 51 ans doit être bientôt convoqué devant la justice pour avoir refusé de traiter ses cépages de chardonnay et de pinot noir. Il encourt jusqu'à six mois d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende, comme l'a révélé le site Bastamag.

En juin, un arrêté préfectoral avait imposé le traitement de « l'ensemble des vignobles de la Côte-d'Or » au moyen « d'une application unique d'un insecticide ». Visée : la cicadelle, petit insecte vecteur de la flavescence dorée, une maladie très contagieuse et mortelle pour la vigne.

 LUTTE OBLIGATOIRE CONTRE L'ÉPIDÉMIE

Alors que cette épidémie se répand en France depuis les années 50, plus de la moitié du vignoble est aujourd'hui soumise à un plan de lutte obligatoire – en vertu de réglementations nationales et européennes. Parmi les mesures : surveiller les plants, n'utiliser que des jeunes ceps traités à l'eau chaude, arracher les souches contaminées et enfin maîtriser l'insecte vecteur avec des traitements chimiques.

Au début de l'été, aucun foyer n'est détecté en Côte-d'Or, mais certains plants sont suspectés. Par ailleurs, le département voisin, la Saône-et-Loire, touché depuis 2011, en est à sa troisième campagne contre la maladie. La préfecture exige alors une lutte chimique contre la cicadelle.

« J'ai refusé de faire ce traitement systématique dans la mesure où il n'y avait pas de foyer avéré dans le département », explique Emmanuel Giboulot. « Il existe un décalage d'au moins une année entre la contamination d'une souche et l'apparition des symptômes. Quand on voit le foyer, c'est déjà trop tard, rétorque Olivier Lapôtre, chef du service régional de l'alimentation de la direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Draaf) de Bourgogne, en charge de la lutte contre la flavescence dorée. Dans une parcelle contaminée, la propagation de la maladie d'une année sur l'autre est telle que le nombre de pieds atteints peut être multiplié par dix. »

DESTRUCTION DE LA FAUNE AUXILIAIRE

« Je ne voulais pas utiliser de produits chimiques dans mes parcelles, que ma famille cultive en bio depuis 1970», poursuit Emmanuel Giboulot, soulignant le dilemme auquel sont confrontés nombre d'exploitants. Pour les viticulteurs bio, un seul insecticide permet de lutter contre la cicadelle tout en conservant leur label : le Pyrevert, à base de pyrèthre naturel – extrait des fleurs séchées du chrysanthème.

« Mais cet insecticide n'est pas sélectif : il tue non seulement la cicadelle mais aussi la faune auxiliaire nécessaire aux équilibres naturels dans le vignoble, dénonce le viticulteur. Il détruit par exemple le typhlodrome, un acarien prédateur naturel des araignées rouges qui se nourrissent de la sève de la vigne. »

 

« Le Pyrevert, même s'il est d'origine naturelle, est nuisible pour l'environnement : c'est un neurotoxique qui peut affecter les insectes, mais aussi les oiseaux, les animaux et même les viticulteurs selon les doses utilisées », confirme Denis Thiery, directeur de l'unité santé et agroécologie du vignoble à l'Institut national de la recherche agronomique.

«En réalité, l'efficacité des traitements, qu'ils soient naturels ou conventionnels, contre la flavescence dorée n'est pas optimale : tous les insectes ne sont pas tués. Comme les cicadelles se déplacent beaucoup, l'épidémie continue de progresser vite, poursuit-il. Mais comme pour toutes les épidémies, on ne sait pas si la situation serait pire sans traitement. »

 INFRACTION DU CODE RURAL

Contrôlé en infraction le 30 juillet par la Draaf, Emmanuel Giboulot a fait l'objet d'une convocation devant le délégué du procureur de la République du tribunal d'instance de Beaune. Le non-respect d'un arrêté préfectoral en ce qui concerne la lutte contre les maladies animales et végétales réglementées est en effet considéré comme un délit par le code rural. Sa comparution, à l'origine prévue le 12 novembre, a été reportée à une date qui n'a pas encore été fixée.

En juin dernier, un viticulteur bio du Vaucluse qui n'avait également pas respecté la loi a été reconnu coupable d'infraction. Mais il a été dispensé de peine après avoir accepté de reprendre les traitements phytosanitaires de son vignoble.


 Audrey Garric

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