Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 17:44

Au détour d'une expérience de microfluidique, des chercheurs français ont fait une découverte étonnante. De nature à éclairer les origines de la vie !

Le POINT Par Chloé Durand-Parenti

Et si le secret de la vie tenait dans une goutte d'eau... - Le ...

Partager cet article
Repost0
1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 11:58
Partager cet article
Repost0
2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 21:05

Ce document  a été réalisé par le réseau Bio d'aquitaine avec le concours de la DRAAF Aquitaine et l'Agence de l'eau Adour-Garonne, il démontre qu'il existe des solutions techniques durables pour enrayer la pollution de notre eau potable.

Réalisation technique : Aldudarrakbideo

www.bio-aquitaine.com

 

 

 

 

▶ EAU ET AGRICULTURE QUELLES SOLUTIONS POUR LE FUTUR ? - YouTube

Partager cet article
Repost0
15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 09:44
Préambule

Afin de contribuer à la préservation de la ressource en eau, l'association Bien

Vivre à la Campagne a lancé une « étude bilan » sur l'eau dans le nord Côte

d'Or en 2012 puis 2013 destinée à informer ses adhérents lors de l’Assemblée

générale du 27 septembre 2014 : combien de non conformités ? À quoi sont

Cette étude s’appuie sur les résultats du contrôle sanitaire de 2013 : résultats

publics et qui sont publiés par l’Agence Régionale de Santé (ARS). Elle permet

de mesurer le nombre de non conformités, leur nature et les traitements

curatifs et préventifs apportés. L’eau potable est la denrée alimentaire la mieux

contrôlée en France. Mais le meilleur thermomètre n’a jamais éradiqué la

fièvre.. La contamination des ressources en eau par les phytosanitaires et

leurs produits de dégradation semble progresser à grand pas. En 2013, la

majorité des non-conformités est due à un produit de dégradation de

l’Atrazine ou du glyphosate ; tous deux herbicides très utilisés ou qui le

Cette étude permet également d’interpeller les communes sur l’information

qui est faite auprès des usagers en cas de dégradation de la qualité. Celle-ci

doit être proportionnelle à la gravité des non conformités. Un simple

affichage à la Mairie, en cas de non-conformité majeure et d’autant plus s’il

s’agit de non conformité bactériologique, semble inacceptable. Enfin, il y a

lieu de s’interroger sur les suites données aux observations de l’ARS qui

semblent parfois se répéter à chaque contrôle.

Par ailleurs, les usagers sont incités à consulter le site du ministère de la santé

qui donne commune par commune les résultats de la qualité de l'eau, à

consulter l'affichage en mairie et à réclamer de l’information des élus en cas de

http://www.sante.gouv.fr/resultats-du-controle-sanitaire-de-la-qualite-de-l-

Association Bien Vivre à la Campagne

Impasse Saint Eloi

21 500 PLANAY
pour lire la suite de ce rapport complet se rendre à l'adresse ci-dessous
Partager cet article
Repost0
15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 09:23

Synthèse de l’étude réalisée sur la qualité de l’eau dans le nord de

la Côte d’Or en 2013.



Afin de contribuer à la préservation de la ressource en eau,

l'association Bien Vivre à la Campagne a lancé une « étude bilan » sur la qualité de l'eau dans le nord Côte d'Or en 2012

L'eau du robinet est une eau destinée à la consommation humaine. Le Code de la santé
publique (article R. 1321-1) définit les " eaux destinées à la consommation humaine "
comme celles qui sont utilisées pour la boisson, la cuisson, la préparation d'aliments ou
d'autres usages domestiques comme la douche, etc.

La qualité de l’eau potable est définie par des limites de qualité qui sont des valeurs
obligatoires et par des références de qualité à atteindre pour bénéficier

d’une « bonne eau ». Les limites de qualité sont relatives à deux familles : des critères bactériologiques et la présente étude s’appuie sur les résultats du contrôle sanitaire de 2013 : résultats publics, publiés par l’Agence Régionale de Santé (ARS) et consultable par tous sur Internet. Elle permet de mesurer le nombre de non conformités, leur nature et les traitements curatifs et préventifs apportés. Pour mémoire, ce sont les communes ou les syndicats de communes qui sont responsables de l’approvisionnement en eau de qualité.

L’eau potable est la denrée alimentaire la mieux contrôlée en France. Mais le meilleur
thermomètre n’a jamais éradiqué la fièvre.. .

Sur 92 communes étudiées dans le Nord de la Côte d’Or :

- 37 communes n’ont connu aucun problème de qualité : Aignay le Duc, Ampilly le

Sec, Ampilly les Bordes, Autricourt, Baigneux les Juifs,Beaunotte, Boudreville, Bremur

et Vaurois, Buncey, Charrey sur Seine, Chaume les Baigneux, Chaumont le Bois,

Duesme, Echalot, Etalante, faverolles les Lucey, Fontaine en Duesmois, Fontaine les

Seiches, Gommeville, Grancey sur Ource, Griselles, La Chaume et Leuglay, Moitron,

Montigny sur Aube, Montliot et Courcelles, Montmoyen, Noiron sur Seine, Obtrée,

Orret, Quémigny sur Seine, Riel les Eaux, Saint Broing les Moines, Vannaire,

Veuxhaulles sur Aube, Villaines en Duesmois, Voulaines les Templiers

- 29 communes ont connu un ou plusieurs problèmes : non conformité majeure et/ou

mineure lors des prélèvements effectués sur leur territoire:

Sur ces 29 communes : dans 13 communes, l’eau a été déclarée impropre à la

consommation : la population a du être avertie immédiatement de ne pas la

consommer Beaulieu, Busseaut, Cérilly,Coulmier le Sec, Larrey, Molesme, Puits,

Recey sur Ource, Rochefort sur Brévon, Semond, Sainte Colombe sur Seine,

Partager cet article
Repost0
27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 16:35

lemonde.fr

 

Quatre-vingt-dix-huit pour cent des Français bénéficient d'une eau potable de bonne qualité, soit 280 000 consommateurs supplémentaires par rapport à 2012, note l'UFC-Que choisir dans une étude publiée mercredi 26 février. A l'occasion de la présentation d'une carte interactive sur la qualité de l'eau potable dans les 36 000 communes de France, l'association « appelle les pouvoirs publics à l'action pour une ressource aquatique préservée et une politique de l'eau agricole rénovée ».

 « UNE BONNE NOUVELLE EN TROMPE-L'ŒIL »

Car, derrière ce qui constitue un progrès, les problèmes demeurent. « Cette amélioration notable est une bonne nouvelle en trompe-l'œil, car 1 480 000 consommateurs continuent de payer pour une eau polluée, non conforme, essentiellement dans les petites communes », explique Olivier Andrault, chargé de mission alimentation à l'UFC-Que choisir. Depuis la dernière étude publiée en 2012, si le niveau de contamination a fortement baissé (– 35 %) pour les villes de plus de 5 000 habitants, il a augmenté de 8 % pour les villages de moins de 500 habitants. « Le coût de la dépollution est particulièrement important pour les petites collectivités qui sont de ce fait moins en mesure d'assurer les investissements pour la remise à niveau des installations », indique l'association.Pour Olivier Andrault, la qualité de l'eau potable consommée n'a rien à voir avec celle de l'eau captée dans les sols : « L'eau qui coule du robinet est bonne non pas parce que les nappes phréatiques sont en meilleur état, mais parce qu'on investit beaucoup plus dans la dépollution », dit-il. Et de rappeler que le contribuable paye de plus en plus cher pour celle-ci. « Les dépenses additionnelles évaluées des ménages générées par ces pollutions liées aux excédents d'azote et de pesticides d'origine agricole se situeraient au minimum dans une fourchette comprise entre 640 à 1 140 millions d'euros répercutés sur la facture d'eau, représentant entre 7 et 12 % de cette facture en moyenne nationale », indique le commissariat général au développement durable dans son étude sur les coûts des principales pollutions agricoles de l'eau, publiée en 2011.

LES POLLUTIONS AGRICOLES EN CAUSE

Le problème reste d'abord et avant tout celui des pollutions d'origine agricole, pesticides, nitrates et sélénium, qui représentent 63 % des causes de non-conformité

des eaux. Les défauts de traitement de l'eau (dosage en chlore insuffisant, dépassement des teneurs en aluminium) représentent 33 % des pollutions et les 4 % restant sont dus

à la radioactivité naturelle. « On aide les agriculteurs avec la PAC, ce avec quoi on ne peut être que d'accord, dit M. Andrault. Mais ce chèque européen est conditionné au respect des directives communautaires sur la protection de l'environnement, et là, les autorités ne remplissent pas leurs obligations, à tel point que la France va être sanctionnée par Bruxelles sur la qualité de ses eaux brutes. »

La pollution due à l'emploi des pesticides et autres engrais reste la première cause de la mauvaise qualité des eaux.

Dans son étude 2014, l'association de consommateurs indique que les agences de l'eau, « tenues par la loi de financer la prévention des pollutions agricoles à leur source », ne consacraient à cette mission que 6,5 % de leur budget, « continuant à privilégier

une trop coûteuse et malsaine dépollution des eaux ». Comment expliquer cette impuissance ou cette inertie ? Le marché de la dépollution est considérable, représentant des budgets importants pour des entreprises comme Veolia, Suez, etc. Le lobby de l'agriculture intensive est très actif et, précise l'UFC-Que choisir, « ce sont les consommateurs – et non les agriculteurs pollueurs – qui paient l'essentiel des taxes de dépollution : 80 % de celles-ci reposent sur eux, c'est toujours la scandaleuse règle du pollué payeur ».

« LA PASSIVITÉ DES POUVOIRS PUBLICS »

L'association dénonce aussi « l'inadmissible passivité des pouvoirs publics ».

De nombreux arrêtés préfectoraux destinés à établir les programmes d'action et

les mesures pour améliorer ou restaurer la qualité des eaux dans les zones de protection des aires de captage n'ont que peu d'impact. « Ces arrêtés listent une série de mesures pour les agriculteurs mais précisent, la plupart du temps, que leur mise en place se fait

à “titre volontaire”, sans obligation », dénonce Olivier Andrault, citant les exemples de l'Eure, l'Yonne, la Seine-Maritime, la Meurthe-et-Moselle, l'Oise, la Seine-et-Marne ou encore le Gard.

Près de cinq ans après l'adoption de la première loi dite « Grenelle 1 », qui obligeait que 500 sources d'eau prioritaires soient protégées, en privilégiant des modes d'agriculture respectueuse de l'environnement, la part belle reste aux méthodes conventionnelles et à une agriculture grande consommatrice de pesticides. Ces derniers représentent 60 % des pollutions d'origine agricole, les nitrates en constituant moins d'un quart (21 %).

Les zones de culture intensive sont les plus touchées : bassin parisien, vallée du Rhône, Nord et dans une moindre mesure, le Sud-Ouest, indique l'UFC-Que choisir.

Rémi Barroux
Journaliste au Monde

Partager cet article
Repost0
12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 10:47

 

L'assemblée constituante tunisienne a adopté mardi 8 janvier deux articles significatifs :


Article 43: Le droit à l'eau est garanti. La préservation de l’eau et son utilisation rationnelle sont un devoir pour l’Etat et la société.

Article 44: La contribution à la préservation du climat et le droit à un environnement sain et équilibré sont garantis. L’Etat doit fournir les moyens nécessaires pour lutter contre la
Pollution. 

                              À quand les mêmes  textes en France ?

Partager cet article
Repost0
21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 21:46

EAU

FNAB

 

Les enjeux sur l’eau : la réponse de l’agriculture biologique


L’Europe, au travers de la Directive Cadre sur l’Eau, a fixé un objectif ambitieux : atteindre le bon état écologique des eaux d’ici 2015. Alors qu’un rapport de la cour

des comptes de décembre 2009 dénonce les moyens modestes déployés pour

lutter contre les pollutions agricoles, l’inefficacité des leviers utilisés, ou le retard

pris pour tenir les objectifs de la directive européenne, le réseau FNAB s’investit

aux côtés de ses partenaires locaux et nationaux afin de construire des

politiques fortes de préservation de la qualité de l’eau.


Nous le savons, en matière de préservation des ressources en eau sur des

secteurs agricoles, la solution la plus durable et la plus efficace est le développement

à grande échelle de l’agriculture biologique. Des chercheurs de l’INRA ont démontré

que le cahier des charges de l’agriculture biologique est le plus favorable à une eau

de qualité en classant les cahiers des charges agricoles pour des systèmes

de polyculture (source : Girardin et Sardet, INRA, 2003). De plus, des expériences

« grandeur nature » à l’échelle de vastes territoires - comme celle menée à

Munich depuis 1991 – ont pu démontrer qu’il revenait 27 fois moins cher de mettre

en place des mesures préventives que d’engager des actions de dépollution (dénitrification…) pour rendre potable une eau trop chargée en nitrates

(source : SWM, 2006).


Les études et simulations réalisées par d’autres chercheurs montrent également que

seul le passage à l’Agriculture Biologique en tant qu’évolution des pratiques

agricoles permet d’améliorer la qualité de l’eau, les autres dispositifs de type

« réduction d’intrants » ne permettant – au mieux – que de maintenir la qualité de

l’eau au même niveau (source : colloque PIREN Seine, juin 2009).

Dans le contexte où la France a pris l’engagement de respecter l’échéance de 2015

pour atteindre ou conserver le bon état écologique des ressources en eau (loi Grenelle

2 : chapitre II, art.24), il est indispensable d’engager dès maintenant des changements profonds en matière de pratiques agricoles afin d’inverser rapidement la tendance. L’agriculture biologique doit aussi devenir un moyen de fédérer et de mettre en synergie les différents volets de l’action publique sur l’eau tels que la santé, l’aménagement

du territoire, ou encore la restauration hors domicile.


Notre intervention et nos partenaires


Dans l’objectif de dynamiser le développement de l’agriculture biologique pour préserver la ressource en eau, la FNAB coordonne depuis 2007 un groupe de travail ouvert

et collaboratif à l’échelle nationale. Ce collectif regroupe la FNAB et son réseau

(7 groupements régionaux de producteurs bio participants), les 6 Agences de

l’Eau, l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture (APCA), l’Institut Technique

de Recherche en Agriculture Biologique (ITAB), l’Agence Bio, avec la participation

des associations Solagro et Terres de liens, de l’INRA et du CEMAGREF,

et avec le soutien et la participation du MEDDTL et du MAAPRAT.

Dans une démarche multi-partenariale, ce groupe de travail a assuré

la co-construction d’outils spécifiques dédiés à l’accompagnement d’actions

de préservation de la ressource en eau par le développement de l’agriculture

biologique, et la mise en place d’expérimentations sur un réseau de sites pilotes.

Partager cet article
Repost0
3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 11:44

L'Yonne Républicaine - 13 février 2013

 

En venant de Mussy, juste à l'entrée du village de Gomméville situé en Côte d'Or, il existe un espace clôturé intrigant. Ce n'est pas une banale plantation de roseaux, ni un jardin de particulier. Il s'agit tout simplement de l'assainissement collectif écologique du village.
Les 156 habitants de Gomméville profitent du confort de cette installation depuis plusieurs années sans que personne n'ait jamais déclaré jusqu'ici une quelconque défaillance. Cette station se compose d'une cuve de 35.000 litres où arrivent toutes les eaux usées du village. L'eau s'infiltre sous la terre vers deux parterres de 210 m2, plantés de roseaux.
La tige du roseau étant creuse, les bactéries viennent s'y coller. Le rhizome a une durée de vie de 3 ans et se nourrit de ces bactéries. Les boues retenues dans la cuve sont par la suite déposées dans une fosse à l'extrémité du parc ce qui ne représente guère que quelques centimètres d'épaisseur après plusieurs années d'exploitation.

Cette première installation en France date de 1999
Les eaux nettoyées retournent ensuite à la Seine proche de là. Des analyses de cette eau sont faites régulièrement et témoignent d'un taux maximal d'épuration.
roseau du Chili a un fort pouvoir de filtration. Le système est largement déployé en Suisse et en Allemagne », explique Jean- Paul Rommel, maire de la commune. Il en existe bien sûr en France, la plupart du temps dans des villes de petite et moyenne importance. Des villages voisins s'en sont dotés eux aussi par la suite. Mais, Gomméville ne cache pas sa satisfaction d'avoir été le premier village de France avec cette installation réalisée en 1999.
Si le coût d'une telle installation est proche des autres systèmes électromécaniques couramment utilisés, son coût de revient d'exploitation en revanche est quasiment nul.
Gomméville a ainsi obtenu le 1er prix aux quatrièmes trophées de la performance territoriale dans sa catégorie des villes de moins de 3.000 habitants en 2001.

E.D.

 

Partager cet article
Repost0
3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 11:40

Il est grand temps de sortir de la "cogestion" entre le ministre de l'agriculture et la FNSEA

Le Monde du 15.06.10 — Isabelle Autissier, présidente du WWF France

Dans son rapport annuel 2010, la Cour des comptes vient une nouvelle fois d'épingler "l'insuffisante volonté de l'Etat de remettre en cause des pratiques agricoles marquées par l'encouragement au productivisme et le choix d'une agriculture intensive". Cela a valu à l'Etat plusieurs condamnations, aux niveaux national et européen, la dernière concernant l'affaire des algues vertes. Et avant la fin de l'année, la France risque d'être une nouvelle fois condamnée pour son non-respect de la directive nitrates. La situation est telle que le Conseil d'Etat est allé jusqu'à reconnaître, dans un rapport publié début juin (L'eau et son droit), que "la sanction communautaire est le seul levier efficace pour surmonter le poids conjugué des intérêts économiques ou catégoriels et de l'inertie des collectivités publiques face à eux, Etat et collectivités territoriales".

Le documentaire Du poison dans l'eau du robinet diffusé le 17 mai sur France 3 a jeté un trouble sur l'information relative à la qualité de l'eau potable distribuée en France. Il soulève surtout la question des pollutions en amont : comment croire que l'on va pouvoir traiter indéfiniment, à un coût acceptable pour la société, les eaux brutes qui sont le réceptacle de toutes nos pollutions ?

Qu'en 2008, 75 % des restrictions de consommation d'eau, sur le seul critère des pesticides, aient été concentrées dans la Seine-et-Marne et l'Eure-et-Loir n'est pas une surprise : ces deux départements arrivent en tête au niveau national pour la production intensive de grandes cultures céréalières. En raison de coûts de production particulièrement élevés dus à l'achat important d'intrants (nitrates, pesticides…), ce mode de production ne serait pas tenable s'il n'était largement subventionné par la politique agricole commune (PAC). C'est donc à l'aide de l'argent du contribuable que l'eau de ces départements est contaminée.


IL EST TEMPS DE SORTIR DE LA "COGESTION" ENTRE LE MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE ET LA FNSEA

Hélas ! Il n'y a rien ici de nouveau : la première interdiction de distribution d'eau potable à cause des nitrates remonte à… 1976. C'était il y a trente-quatre ans… Qu'a-t-on fait depuis ? En 1980, le rapport Hénin désignait l'agriculture intensive comme responsable d'une "pollution diffuse" en participant largement à la dégradation de la ressource en eau. Depuis, les rapports se sont accumulés, toujours plus accablants. En 2001, soit vingt et un ans plus tard, le rapport Villey-Desmeserets concluait que "la contamination des cours d'eaux surveillés est générale". Pourtant les gouvernements successifs n'ont pas remis en cause le modèle agro-industriel.

Plus précisément, les pouvoirs publics n'ont fait que tenter d'atténuer à la marge les "dommages collatéraux" de l'agriculture industrielle. Ils ont surtout misé sur des traitements curatifs de plus en plus coûteux pour parvenir à transformer une eau de plus en plus polluée en eau potable.

Un exemple : 200 millions d'euros au minimum pour régler le problème de l'eau potable dans le seul département de l'Eure-et-Loir. Pour préserver l'eau face aux pollutions agricoles, ce sont 310 millions d'euros qui ont été alloués, sans résultats probants, pour la seule Bretagne entre 1993 et 2000 et, au niveau national, 493 millions d'euros sont prévus au titre de la lutte contre les pollutions agricoles par les agences de l'eau entre 2007 et 2012… Il faut savoir que ces coûts sont supportés par les ménages, en contradiction avec le principe du pollueur-payeur, ce que la Cour des comptes a dénoncé à plusieurs reprises. Le Conseil d'Etat vient de lui emboîter le pas, de manière très sévère, appelant à une étude sur le coût de la pollution ainsi qu'à une application nettement plus rigoureuse du principe pollueur-payeur à l'agriculture avec notamment l'instauration d'une taxe sur les nitrates.

Ainsi, le contribuable, après avoir subventionné des pratiques polluantes, paie pour la dépollution puis les condamnations ! On marche sur la tête ! Les récents propos de M. Le Métayer affirmant que "la pause environnementale ne coûtera pas d'argent" sont aussi faux qu'irresponsables. Ils auraient en outre pour résultat de maintenir les agriculteurs dans un système dont ils sont autant victimes qu'acteurs, comme maillon d'une chaîne de production qui les dépasse et qui les a conduits dans une impasse économique, sociale et écologique. Ces propos sont d'autant plus irresponsables que les études scientifiques pointant les dangers des produits phytosanitaires pour la santé des agriculteurs s'accumulent.


ÉLABORER UN NOUVEAU CONTRAT SOCIAL AVEC LES AGRICULTEURS

Pourtant l'Etat continue de subventionner majoritairement les pratiques agricoles intensives. Les premières réorientations du Grenelle et du plan Barnier sont à encourager mais restent insuffisantes. Alors que l'alerte est donnée depuis maintenant trente ans, il y a, comme pour l'amiante, une volonté de nier la gravité du problème et de ne pas s'attaquer à sa cause première : l'agriculture industrielle. Pourtant d'autres modèles agricoles existent et ont déjà fait leurs preuves. Ils sont bénéfiques pour l'environnement, l'emploi et le revenu des agriculteurs et sont pratiqués par des dizaines de milliers d'agriculteurs en France.

La responsabilité des gouvernements successifs est lourde. Devant tant d'incohérences, le WWF demande une commission d'enquête parlementaire sur la gestion du service public de l'eau au regard des pollutions agricoles diffuses, un rapport de la Cour des comptes sur la responsabilité des pouvoirs publics et le coût supporté par les Français depuis 1980 du fait de leur carence, un rapport exhaustif sur les aides publiques dommageables à l'environnement ainsi qu'un Grenelle de l'Eau, l'eau ayant été la grande oubliée du Grenelle de l'environnement.

Il est grand temps de dire la vérité aux Français et aux agriculteurs, de sortir de la "cogestion" entre le ministère de l'agriculture et la FNSEA, de cesser de gaspiller les deniers publics et d'élaborer un nouveau contrat social avec les agriculteurs, basé sur la reconnaissance ainsi que la rémunération des services environnementaux qu'ils rendent à la société toute entière.

Le ministre de l'agriculture qui saura initier la remise en cause du modèle agricole industriel s'inscrira comme un grand ministre de l'agriculture, sinon il viendra s'ajouter à une liste déjà longue de responsables d'une situation alarmante. La position de la France pour la prochaine réforme de la PAC, et la place qui sera donnée à la protection et la gestion des ressources naturelles, témoignera de la volonté du gouvernement de mettre fin – ou non – à l'incohérence entre politique de l'eau et politique agricole et à ce qui constitue depuis trente ans un scandale d'Etat.

Isabelle Autissier, présidente du WWF France

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de Bien Vivre à la Campagne et pour cette année le 8 juillet La Fête du Lac de Marcenay
  • : Proposer à nos amis des informations et des réflexions sur l’environnement, notre patrimoine, des adresses sur les bons produits de notre région, la Bourgogne …
  • Contact

Recherche

Archives